Mora Venise au cinéma

18 mars 2017

20th century women, de Mike Mills (USA, 2016)

20th century womenSamedi 11 mars 2017, UGC Danton.

Le réalisateur revient sur l'année de ses 15 ans, en 1979, alors qu'il était élevé seul par sa mère (Annette Bening) à Santa Barbara. Celle-ci partage sa maisonnée avec une jeune femme de 24 ans (Greta Gerwig) post punk féministe et un homme à tout faire qui retape la maison (Billy Crudup), et leur demande de l'aider dans l'éducation de son fils pour qu'il dispose d'une plus grande ouverture au monde. Une amie du lycée (Elle Fanning), âgée de 17 ans, est pareillement sollicitée. Comme il est évoqué dans cet excellent film tour à tour très drôle et émouvant, récit d'initiation au monde d'un tout jeune homme, tout se vit encore dans la spontanéité et la fraîcheur durant ce qui est probablement une dernière année d'innocence : "avant Reagan, avant le Sida, avant internet". La sensualité des femmes, de la jeune fille, de la jeune femme et de la femme vieillissante, est évoquée avec une très belle justesse par ce réalisateur masculin. Il y en a beaucoup qui pourrait en prendre de la graine.

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12 mars 2017

Les fleurs bleues, d'Andrzej Wajda (Pologne, 2016)

les fleurs bleuesSamedi 4  mars 2017, MK2 St Michel.

Les deux dernières années (1950-1952) de la vie du peintre abstrait Władysław Strzemiński, alors que le régime soviétique installé en Pologne contraint tout artiste à adopter le style du réalisme socialiste, nous sont ici contées avec une sobriété implacable. Aucun détail n'est épargné pour décrire les conditions de survie de ceux qui osent tenir tête à la dictature. Broyé par les autorités, ce grand artiste adulé par ses élèves de l'école des beaux-Arts de Lodz, admiré par l'intelligentsia, se retrouve mis au ban de la société du jour au lendemain : plus de carte professionnelle, plus de travail et de ressources, l'impossibilité même d'acheter des tubes de couleurs pour pratiquer son art, et bien sûr ses oeuvres décrochées des lieux d'exposition pour la destruction. Un récit terrible filmé sans le moindre misérabilisme, avec une photo extraordinaire de perfection, servi par des acteurs magnifiques. La grande classe.

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11 mars 2017

Le secret de la chambre noire, de Kiyoshi Kurosawa (Japon, France, Belgique 2016)

le secre de la chambre noireVendredi 10 mars 2017, UGC Ciné Cité Les Halles.

Triste et mélancolique, voici encore un très beau film de Kiyoshi Kurosawa sur une nouvelle variante des rapports qu'entretiennent les vivants et les morts, avec toujours la culpabilité et la folie des premiers. Un grand photographe (Olivier Gourmet) et son assistant (Tahar Rahim) fixent grandeur nature sur des daguerréotypes l'image d'une jeune femme, vêtue à la mode du Second Empire. Le modèle (fascinante Constance Rousseau en brindille désincarnée), astreint à d'épuisantes séances, est la fille du photographe et remplace sa mère, qui s'est suicidée plusieurs années auparavant. Les frontières ne cessent de s'estomper entre présent et passé, réalité et mirages. Il reste juste un espace ténu comme un fil, imprévisible, où les vivants  conversent avec leurs défunts. A la sortie de la séance de ce film prodigieusement beau et déroutant, tout paraît bien trivial.

 

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Split, de Night Shyamalan (USA, 2016)

slitJeudi 9 mars 2017, UGC Ciné Cité Les Halles.

Un jeune homme à la personnalité très troublée (schizophrène, il est tiraillé entre 23 personnalités) séquestre trois adolescentes. Parviendront-elles à s'échapper ? Night Shyamalan se cantonne depuis plusieurs années à des petits films de genre qui n'atteignent plus la subtilité du Sixième sens ou d'Incassable. L'ensemble est bien ficelé, les acteurs sympathiques et convaincants, on ne s'ennuie donc pas, mais les effets sont sans surprise et un peu "grand guignolesque", avec une sauce psy parfois bien épaisse et indigeste. Dommage. Les dix dernières secondes sont toutefois jubilatoires, rehaussent l'ensemble et appellent à une suite.

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Certaines femmes, de Keilly Reichardt (USA, 2016)

certaines femmesLundi 6 mars 2017, Le Grand Action.

Quatre portraits de femmes vivant dans le Montana composent ce fort joli film. Avocate, étudiante en droit, cow girl et manager, quelle que soit leur situation sociale ou familiale, elles sont finalement incroyablement seules et doivent toujours faire leurs preuves dans un environnement où prédomine constamment une sorte d'indifférence léthargique. Kristen Stewart, Laura Dern, Michelle Williams sont comme d'habitude excellentes et j'ai découvert avec plaisir Lily Gladstone, dans le rôle de la jeune amérindienne cowgirl, dont je serais tentée de dire qu'il fut mon personnage préféré, mais ce ne serait guère juste pour les autres, les quatre personnages étant très attachants.

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27 février 2017

Loving, de Jeff Nichols (USA, 2016)

lovingSamedi 25 février 2017, le Grand Action.

Sobriété, douceur et précision pour traiter un thème d'une grande brutalité, tiré de l'histoire vraie du couple mixte Loving, dans la Virginie de 1958. Extraordinaire interprétation de Joel Edgerton, ouvrier fruste et mari attentionné, en bute à la bêtise ségrégationniste des tenants de l'ordre et de la morale.

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David Lynch : the art life, de Jon Nguyen, Olivia Neergaard-Holm, Rick Barnes (USA, 2016)

david lynchVendredi 24 février 2017, l'Arlequin.

Une passionnante visite dans l'univers du peintre qui s'entretient paisiblement de ses années d'enfance (heureuse), de son adolescence (border line) et de ses débuts dans la vie en création. Le tout est ponctué d'aperçus de ses oeuvres, et surtout des extraits sidérants de ses films de jeunesse, pépites déchirantes et déchirées totalement géniales, sur fond de musique hypnotique qui relève aussi de ses créations. Le mystère de l'artiste reste entier mais c'est normal puisque l'on a affaire à un génie.

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Chez nous, de Lucas Belvaux (France, Belgique 2016)

chez nousMercredi 22 février 2017, UGC Ciné Cité Les Halles.

Fidèle à son cinéma efficace, sincère, utile et engagé, ancré dans la réalité, Lucas Belvaux nous propose cette fois une immersion profonde parmi les sympathisants d'un parti politique qui est l'ersatz du Front national, au sein d'une petite ville du Nord de la France. Pas de manichéisme mais un regard lucide et généreux sur les personnages, une violence sourde omniprésente bien qu'elle n'éclate que très peu à l'écran, heureusement aérée par quelques pointes d'humour bien senties, une fracture de classe entre le peuple et ses élus pourtant populistes qui donne elle aussi froid dans le dos, tout ceci est fort bien vu et très bien interprété par des comédiens très convaincants : Emilie Dequenne, André Dussolier, Catherine Jacob, Guillaume Gouix... Une vraie réussite.

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21 février 2017

Silence, de Martin Scorsese (USA, Taïwan 2016)

silenceLundi 20 février 2017, MK2 Odéon.

Très déçue, en dépit d'une mise en scène soignée et d'une photo très esthétique. Des missionnaires jésuites sont persécutés et mis à mort dans le Japon du 17e siècle. Leur sacrifice, ainsi que celui des convertis, apparaît tellement inutile que du coup les tortures et les persécutions paraissent justifiées, ce qui est un peu fort. La démonstration me semble donc maladroite et insupportable. Et puis, comment expliquer la totale absence de charisme des comédiens (mis à part Adam Driver, mais qui a malheureusement un rôle secondaire) ? Les acteurs japonais s'expriment de façon très codifiée et théâtrale, comme dans des films anciens, mais filmés par un occidental, ils paraissent caricaturaux et cela aussi est insupportable. Beaucoup d'ennui et d'embarras, pour résumer mes impressions. Il vaut mieux retourner voir les vieux chefs-d'oeuvre du grand Scorsese.

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19 février 2017

Pandora, d'Albert Lewine (USA, Angleterre, 1951)

pandoraSamedi 18 février 2017, le Champo.

Film hollywoodien surréaliste qui comporte à ce titre plusieurs scènes fascinantes.

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