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Mora Venise au cinéma

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11 juin 2016

Julieta, de Pedro Almodovar (Espagne, 2016)

julietaDimanche 22 mai 2016, le Champo.

Un pur mélodrame parfois trop appuyé et manquant de subtilité. Mais des plans superbes, des coloris qui claquent, comme les événements qui ponctuent la vie de Julieta, veuve, qui reste sans nouvelles de sa fille depuis douze ans. Visuellement, une réussite, et de beaux personnages, tant féminins que masculins. Dommage que les ficelles du scénario soient parfois trop grosses

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11 juin 2016

Café Society, de Woody Allen (USA, 2016)

cafe societySamedi 14 mai 2016, MK2 Beaubourg.

Ce film est comme une jolie bulle irisée, gracieuse, légère et pétillante. Incursion dans le Hollywood des années 30, où un jeune homme (Jesse Eisenberg) vient tenter sa chance, et tombe amoureux de la maîtresse (Kristen Stewart) de son oncle (Steve Carell), riche agent de stars. Les scènes comiques et les dialogues très vifs font souvent rire de bon coeur dans ce film pourtant pessimiste, puisque les deux jeunes gens pourtant faits l'un pour l'autre, ratent leur chance - à cause du mariage de raison choisi par la belle - et passent à côté de leur vie. Pas le film le plus brillant de ce cher Woody mais irréprochable et élégant.

11 juin 2016

Mr Holmes, de Bill Condon (USA, Angleterre, 2015)

mr holmesVendredi 13 mai 2016, UGC Rotonde.

La vieillesse avancée du célèbre détective, atteint par de sérieux troubles de la mémoire, retraité et passionné d'apiculture dans un cottage de la belle campagne anglaise (les lieux de tournage sont magnifiquement photographiés, on respire véritablement cette campagne). Une production classique mais très agréable et soignée. Pour ne rien gâcher, l'histoire de ce très vieil homme qui lutte contre les signes de la sénilité et doit résoudre sa (peut-être) dernière énigme, l'affection presque filiale qui le lie au jeune fils de sa gouvernante, est très émouvante.

11 juin 2016

Point limite zero, de Richard Sarafian (USA, 1971)

point limite zeroSamedi 5 mai 2016, le Champo.

Après Le Convoi sauvage, je continue la découverte des films tournés par R. Sarafian, cette fois dans l'Amérique contemporaine, enfin, celle des années 70. Un vétéran du Vietnam et ex-flic, Kowalski (qu'interprète Barry Newman), décide de rallier Denver à San Francisco en moins de 24 heures, à bord d'une Dodge blanche. C'est donc la traversée des déserts du Nevada et d'une partie de la Califormie à tombeau ouvert, puisqu'il est en outre pourchassé par toutes les patrouilles de police. Musique trépidante pour accompagner le tout, cela va de soi. On est tellement imbibé de vitesse que l'on frôle la crise cardiaque en sortant du ciné, simplement si un vélo passe devant vous. Film solaire et désenchanté, emblématique de la période, assorti d'une magnifique affiche pour sa réédition.

6 mai 2016

Voici le temps des assassins, de Julien Duvivier (France, 1956)

voici le tempsJeudi 5 mai 2016, le Champo.

Noirceur en noir et blanc. Une jeune fille (Danielle Delorme), dont la mère fut autrefois l'épouse de Jean Gabin, débarque de province et sème la discorde - jusqu'au crime - dans le restaurant qu'il tient dans le quartier des Halles, "le Rendez-vous des innocents". Deux hommes, Jean Gabin et son fils de substitution - un candide étudiant en médecine auquel Gérard Blain prête ses yeux faunesques - ne tardent pas à se disputer la belle, qui se révèle rapidement être à la fois une garce redoutable et une pauvre fille, victime du milieu où elle a grandi.

Devant tant de dépravation morale (c'est la mère de la jeune fille qui la pousse dans les bras de son ex-mari) et de déchéance physique (ancienne tenancière de maison close à Marseille, la mère est une droguée au dernier degré et sa fille ne recule devant aucune impudeur pour parvenir à ses fins), le film fut interdit aux moins de 16 ans à sa sortie. Tout ceci n'est pas très gai mais se regarde avec délectation, c'est un cinéma disparu dont les situations et les personnages savoureusement typés s'adonnent à une large palette des passions humaines, des plus sombres aux plus humanistes.

 

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6 mai 2016

Le bois dont les rêves sont faits, de Claire Simon (France, 2015)

le boisSamedi 30 avril 2016, l'Arlequin.

Documentaire tourné au bois de Vincennes pendant que défilent les quatre saisons. Claire Simon s'y est faufilée avec sa caméra pour interroger les visiteurs du bois, promeneurs, cyclistes ou cavaliers, et aussi ses habitants. Tous, ils nous livrent ce qu'ils viennent y chercher et les "rêves" en question, qu'ils explorent ou cherchent à atteindre sous ces grands arbres se révèlent aussi divers qu'eux. Sexe, drague, sport, art ou musculation, besoin de marginalisation ou de retour aux sources, vers les forêts qui abritèrent l'enfance dans un continent lointain, le bois permet tout cela, d'être soi.

29 avril 2016

Mékong Stories, de Phan Dang Di (Vietnam, 2015)

mekong storiesSamedi 23 avril 2016, MK2 Hautefeuille.

Ce très beau film rassure dès les premières secondes : il ne contraindra pas le spectateur à bâiller d'ennui ou à trépigner d'agacement devant les images édulcorées d'un Orient fantasmé pour nostalgiques du colonialisme. Dans une lumière grise de petit matin, on traverse Ho Chi Minh Ville en suivant le flux du Mékong, le long de ses rives bordées par un enchevêtrement de maisons de fortune montées sur pilotis, là où s'entassent les populations les plus modestes. Mékong Stories, ce sont les destins imbriqués d'un groupe d'amis - étudiant photographe, ouvrier métallo, chanteur des rues, vendeuse de bonbons, barman, danseuse de boîte de nuit... -, auxquels la société offre peu de perspectives malgré leur talent ou leur force de travail. Les corps se révèlent tous fort malmenés : jeté au bas d'un escalier ou à l'eau, dénaturé pour mieux se vendre, tabassé ou tout simplement dénutri, mais aussi jouant avec le feu dès le plus jeune âge, indifférent au danger, audacieux et superbe. Ils sont un peu à l'image du durian et du fruit du dragon, que les protagonistes dégustent à deux reprises, et dont la chair délicate se dissimule sous une écorce peu séduisante, voire malodorante. Cette nouvelle génération transgressive s'est détournée de la morale traditionnelle qui maintenait l'équilibre de la société dans ses replis familiaux. Leur horizon social bouché, ils se condamnent à toute descendance en échange de quelques euros. Encore une fois, le seul capital de ces jeunes s'avère être leur corps. Un film courageux et rare, qui offre la vision désenchantée d'une certaine fraction de la jeunesse vietnamienne actuelle, abandonnée ou incomprise par ses aînés. 

29 avril 2016

Merci Patron, de François Ruffin (2016)

merci patronSamedi 16 avril 2016, MK2 Beaubourg.

Très efficace et haletant, ce documentaire est un pied de nez sidérant fait aux puissants de ce monde, en l'occurrence Bernard Arnault, PDG du groupe LVMH. Nouveau Robin des Bois des temps modernes, François Ruffin réussit un tournage miraculeux et pas seulement au regard des séquences inattendues dont il ne cesse de ponctuer le scénario. Il parvient à faire rire beaucoup, en dépit des conditions de vie dramatiques des anciens ouvriers des usines textiles du Nord et de la Picardie, licenciés après de fausses promesses et toujours sans emploi. Une pépite inclassable.

13 avril 2016

L'avenir, de Mia Hansen-Love (France, 2016)

lavenirSamedi 9 avril 2016, MK2 Odéon.

Une merveille de film où toute facilité de récit est exclue. A l'image de son personnage principal (Isabelle Huppert dans le rôle d'une alerte quinquagénaire, professeure de philosophie, qui doit affronter une succession de pertes et de deuils), la dignité, l'humour et la présence d'esprit sont omniprésents en dépit des chagrins éprouvés. Une grande maturité gouverne l'ensemble, magnifiquement servi par le talent d'Isabelle Huppert. Un film impressionnant et remarquable.

7 avril 2016

In Jackson Heights de Frederick Wiseman (USA, 2016)

jackson heightsSamedi 26 mars 2016, MK2 Beaubourg.

Superbe documentaire qui immerge le spectateur 3h durant dans un New York très éloigné de celui auquel nous ont habitués le cinéma et les séries TV. 167 nationalités se partagent ce quartier très populaire, situé au nord du Queens, et que menace la gentrification. La caméra suit le quotidien de chaque habitant, du plus jeune au plus âgé, dans tous ces lieux de vie ordinaire : à l'école, au cours de danse, dans les petits commerces, au café, chez l'assistante sociale... Un voyage passionnant, que rythme le son du métro aérien.

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