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Mora Venise au cinéma
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11 novembre 2016

The last picture show, de Peter Bogdanovitch (USA, 1971)

derniere seanceDimanche 30 octobre 2016, la Filmothèque du Quartier Latin.

Ce chef d'oeuvre absolu était programmé cet automne au festival du Nouvel Hollywood de la Filmothèque. 1971 fut vraiment une année prodigieuse. Timothy Bottoms, à 20 ans, jouait alors pour la première fois dans deux films qui figurent au Panthéon du cinéma américain des années 1970 : La dernière séance et Johnny s'en va-t-en guerre. Jeff Bridges et Timothy Bottoms incarnent deux adolescents dans une petite ville poussiéreuse, au fin fond du Texas, au début des années 1950. Billard, cinéma, l'ennui au lycée, les matchs de cricket et les promenades en auto avec leurs petites amies : ils s'adonnent aux seules occupations que peut proposer à des adolescents un bled parfaitement paumé, mais le film accorde aussi une grande importance, en arrière plan, aux adultes de la petite ville, désabusés, cyniques ou dépressifs, qui tous ont échoué dans leur vie. Une passion d'amour pour la même jeune fille (Cybill Shepherd, splendide en ange blond manipulateur) brise leur amitié jusqu'à leur réconciliation à la veille du départ de l'un d'eux pour la guerre de Corée. Le vieux cinéma, qui ferme ses portes, donne ce soir-là une dernière séance à laquelle ils assistent. La dernière séance, c'est la découverte que font ces jeunes de la vie, c'est-à-dire la succession de deuils et de morts, réelles ou symboliques, qu'il faut affronter et dépasser dès que l'on entre dans l'âge adulte.

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11 novembre 2016

Man Power, de Raoul Walsh (USA, 1941)

l'entraineuse fataleSamedi 29 octobre 2016, le Desperado.

Ce film, dont le titre français est L'entraîneuse fatale, est surtout une curiosité, mais intéressera les amateurs du bon vieux cinéma américain. Edward G. Robinson, le ténébreux George Raft et Marlene Dietrich se partagent l'affiche pour nous conter l'histoire d'une solide amitié, celle de deux amis réparateurs de lignes électriques à haute tension, et nous offre une ode au courage et à la solidarité virile d'un certain prolétariat. Leur faisant face, la troublante Marlene Dietrich est une chanteuse de cabaret qui ensorcelle l'un d'eux (Edward G.) et essaie pendant quelque temps d'entrer dans le rôle d'une épouse rangée et fin cordon bleu, ce qui nous vaut d'assister à quelques scènes très savoureuses. Succombant au charme de George Raft (je dois là souligner que l'acteur est bien plus beau à l'écran que sur l'affiche), elle sème la zizanie entre les deux amis. Les situations sont parfois improbables dans un scénario qui ne tient pas toujours la route mais qui s'avère moins manichéen que prévu, et ce film témoigne aussi du machisme forcené que les femmes enduraient alors au quotidien. Très intéressant.

10 septembre 2016

Man on High Heels, de Jang Jin (Corée du Sud, 2014)

man on high heelsSamedi 30 juillet 2016, MK2 Odéon-St Michel.

Grand prix du festival international du film policier de Beaune cette année, ce long métrage mêle les genres dans tous les sens du terme. À la fois film de combat, policier, social, comédie et mélodrame sentimental, il a pour héros un super flic invincible (magnifique Cha Seung-won) qui opère de difficiles enquêtes (traque de mafieux et d’un serial violeur/killer) tout en aspirant à changer de sexe. Il est coaché pour cela dans ses objectifs par une femme qui s’avère être en réalité un ancien officier de l’armée. Le film est donc très étonnant et mêle tous les genres avec un brio et un humour décapant et transgressif qui laissent pantois. On croirait voir un manga filmé. Ce scénario survolté est servi par une image pleine d’inventivité et de raffinement : le film est excellent sur tous les plans. Une perle rare.

10 novembre 2016

Olli Mäki, de Juho Kuosmanem (Finlande, Allemagne et Suède, 2016)

olli makiSamedi 22 octobre 2016, MK2 Odéon.

La véridique histoire du boxeur Olli Mäki, champion d'Europe poids plume, qui combat pour le titre de champion du monde en 1962 face à un champion américain, mais tombe amoureux le même été. Humour fin et bon enfant à la mode finlandaise sur fond musical vintage (vieux twists et rock'n roll pas piqués des hannetons), avec une affiche qui fait irrésistiblement penser à Aki Kaurismäki, ce film noir et blanc a reçu le prix "Un certain regard" lors du dernier festival de Cannes. A cet égard, j'attendais plus d'originalité, mais l'ensemble est sympathique et soigné.

10 novembre 2016

La fille inconnue, de Luc et Jean-Pierre Dardenne (France, Belgique, 2016)

fille inconnueVendredi 21 octobre 2016, MK2 Odéon.

Un Dardenne minimaliste, comme le fut également Deux jours, une nuit, mais un film des frères Dardenne est toujours bon et se regarde toujours avec un grand intérêt, tant la mise en scène et la direction d'acteurs sont irréprochables de sobriété pour dresser des intrigues sociales parfois sordides, mais dans lesquelles les protagonistes, quel que soit leur rôle, gardent toujours leur dimension humaine avec une dignité fondamentale préservée. Adèle Haenel incarne à la perfection une jeune médecin et donne la réplique à Olivier Gourmet et Jérémie Renier.

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10 novembre 2016

Poesia sin fin, d'Alejandro Jodorowsky (France, Chili, 2016)

poesia sin finSamedi 15 octobre 2016, MK2 Odéon.

Moins subtil que La danza de la realidad, La poesia sin fin est malgré tout un film captivant en raison de la sincérité et de la puissance créatrice de son auteur, un déferlement d'images et de situations qui déconcertent à coup sûr et laissent parfois admiratifs. Moins subtil donc et pourtant plus profond et bouleversant, sans doute en raison de son évocation d'un père exécré, qu'il quitte sans un regret et ne reverra jamais plus, auquel il pense à présent avec tendresse et compassion. Jodorowsky évoque les principaux épisodes d'une vie de jeune homme intrépide et hésitant, déterminé et influençable, qui doit apprendre à être à l'écoute de sa vocation. Ses apparitions, telle une voix off incarnée, derrière l'épaule de son fils Adan qui l'interprète, touchent profondément tant sa parole énonce alors des principes de vie universels, une éternelle sagesse de vieil homme qui s'adresse à tout un chacun. Bref, ce film inclassable parvient à délivrer un fort message spirituel tout en faisant s'alterner des scènes dont le désordre anarchique évoque l'enthousiasme d'un jeune homme qui s'apprête à plonger tête baissée dans le grand bain de sa vie. Passionnant.

7 novembre 2016

L'histoire officielle, de Luis Puenzo (Argentine, 1983)

histoire officielleVendredi 14 octobre 2016, le Champo.

Un film passionnant et courageux, qui fut tourné en partie clandestinement durant les derniers feux de la dictature des colonels. Il nous évoque l'état de la société argentine d'alors, divisée, une partie de la population adhérant à "l'histoire officielle" diffusée par les tenants du régime, et une autre recherchant la vérité. Une professeure d'histoire en lycée (extraordinaire Norma Aleandro) doit souvent faire face à l'agitation de ses élèves qui remettent tout en cause et soulèvent un jour la question des opposants disparus et de leurs enfants. Ayant adopté un nourrisson dès sa naissance, elle est amenée à se poser quelques questions sur l'origine de l'enfant et, au fur et à mesure de la difficile enquête qu'elle entreprend, ses yeux se décillent petit à petit pour découvrir toute l'horreur des faits, pas seulement ceux qui entourent la naissance de l'enfant mais aussi le destin d'une amie proche ou le rôle joué par son propre époux. Femme intègre et droite, exemplaire de rigueur morale et d'honnêteté, elle n'a pourtant jamais remis en cause la dictature. Evoluant dans un milieu de classe moyenne relativement cultivée, protégée, elle est restée longtemps aveugle et sourde aux événements. Il faut beaucoup d'humanisme et de talent pour réussir un tel portrait et faire comprendre à tout un chacun que l'on peut très aisément devenir malgré soi l'artisan passif, ni bourreau ni victime, des pires régimes.

7 novembre 2016

Soy Nero, de Rafi Pitts (Mexique, Allemagne et France, 2016)

soy neroSamedi 8 octobre 2016, MK2 Beaubourg.

Un jeune Mexicain, qui a passé son enfance aux Etats-Unis, refranchit clandestinement la frontière après son expulsion et s'engage dans l'armée américiane pour obtenir la nationalité. Il est envoyé sur les théâtres d'opérations périlleuses, au Moyen-Orient, où il côtoie d'autres relégués de la société américaine. Un film très intéressant qui traite d'un sujet méconnu et dévoile le destin réservé à ceux que l'on surnomme les "green card soldiers".

11 septembre 2016

Le fils de Jean, de Philippe Lioret (France, Canada 2016)

le fils de jeanSamedi 10 septembre 2016, UGC Odéon.

Quête des traces de la vie d'un père, prénommé Jean, médecin québécois féru de pêche à la mouche dont le corps a disparu dans les eaux d'un lac, pour Mathieu (Pierre Deladonchamps), un jeune commercial parisien qui ne l'a jamais connu et découvre son existence à 33 ans. Philippe Lioret nous donne à suivre le parcours volontaire du jeune homme dont nous découvrons au fil du récit des bribes de vie tout autant que celles du défunt. Dans sa quête, il est accompagné par le meilleur ami de celui-ci, Pierre, médecin lui aussi, qui lui donne à partager pour trois jours, le temps d'un rapide séjour au Québec, son toit et sa vie de famille. Avec réticences, il le conduit même au bord du lac pour aider à retrouver le corps auprès des deux demi-frères qu'il souhaite absolument rencontrer : Ben (comme dans Tom à la ferme de Xavier Dolan, on retrouve Pierre-Yves Cardinal en québécois rustique et violent !) et Sam. En peu de temps, Mathieu est rapidement désenchanté par la réalité mais il se délivre aussi du poids de certaines illusions. Il découvre qu'une vie familiale emplie de silences et de non-dits semble être le lot commun de nombre d'individus. Comme d'habitude, Philippe Lioret excelle pour filmer avec beaucoup de délicatesse les méandres des émotions et les sentiments cachés des personnages, tout au long de cette bouleversante enquête sur l'identité d'un père.

10 septembre 2016

Rester vertical, d’Alain Guiraudie (France, 2016)

rester verticalSamedi 27 août 2016, MK2 Beaubourg.

Un scénariste en panne d’inspiration arpente le massif des Causses à la recherche de loups, rencontre une bergère à laquelle il fait un enfant, très vite se retrouve seul pour assumer sa paternité dans une vie errante. Il est la figure centrale que délimite rigoureusement un triangle géographique (Les Causses, le Marais poitevin et le port de Brest) et relationnel (un vieillard acariâtre, un beau jeune homme ténébreux, le père fruste de la bergère), au sein duquel il exprime en permanence son empathie et son attention spontanée à l’autre. Poétique et cru, lumineux avec simplicité, ce très beau film alterne avec fluidité des scènes silencieuses, placides, et d’autres d’une violence radicale, mais unies toujours par la figure centrale du scénariste, qui se délivre peu à peu de toute contrainte et conserve intactes sa douceur et son humanité nue. Le cœur ouvert, il reste "vertical", en effet.

27 juin 2016

Folles de joie, de Paolo Virzi (Italie, 2016)

folles de joieSamedi 18 juin 2016, MK Odéon.

Dans un asile psychiatrique, deux femmes que tout oppose - le tempérament et le milieu social - deviennent amies et s'enfuient dans une équipée foldingue, souvent très drôle mais aussi parfois tragique. Voici donc une pure comédie qui prend par moments des accents de gros mélodrame, excellemment interprétée par Valeria Bruni-Tedeschi qui irradie chaque scène. Film très entraînant, solaire et attachant en dépit de quelques pensionnaires d'asile caricaturaux et d'un dernier quart d'heure un peu trop improbable, naïf et longuet. Mais l'ensemble procure cependant un vrai plaisir de cinéma, est bien conçu, et ce n'est déjà pas si mal !

10 septembre 2016

D'une famille à l'autre, d'Anna Muylaert (Brésil, 2016)

d'une famille à l'autreVendredi 30 juillet 2016, UGC Ciné Cité Les Halles.

Après Une seconde mère sorti l'an passé, Anna Muylaert propose de nouveau une réflexion sur la nature des liens filiaux et maternels. Mais le film est cette fois plus nerveux et dense. Ici, le personnage central est Felipe, un adolescent de 17 ans aux tendances transgenres, qui fait partie d'un groupe de rock, et vit très librement dans un quartier populaire avec sa mère et sa petite sœur. Or, voici qu'il est retrouvé par sa famille biologique. En effet, il a été volé à sa naissance et il lui faut être arraché à ce qu’il a considéré jusqu’ici comme sa famille. Felipe découvre donc qu'il a une autre identité (il se prénomme en réalité Pierre), et doit intégrer sa vraie famille et un nouveau mode de vie, dans un milieu plutôt aisé. Inspirée de faits réels, l'histoire mêle très habilement les désarrois et questionnements adolescents aux traumatismes générés par la situation, sans manichéisme, et parvient même parfois à instiller d’efficaces touches de comédie.

29 juillet 2016

Elvis et Nixon, de Liza Johnson (USA, 2016)

elvis et nixonLundi 25 juillet 2016, MK Odéon.

Un petit film d'été qui donne le prétexte de prendre le frais dans une salle climatisée, pas mal fait et pas ennuyeux. En fait, le grand plaisir est d'y découvrir Michael Shannon en Elvis Presley et Kevin Spacey en Richard Nixon. Ces deux grands acteurs nous font sans conteste partager leur plaisir à interpréter ces personnages, en toute simplicité, sans cabotinage, et le film est modeste comme eux, sans lourdeur, sans effet appuyé. On partage donc leur plaisir et on s'amuse à leurs côtés.

29 juillet 2016

Irréprochable, de Sébastien Marcier (France, 2016)

irréprochableVendredi 8 juillet 2016, UGC Odéon.

Difficultés sociales (et psychiques) d'une femme d'une quarantaine d'années, sans emploi et sans logement, qui met tout en œuvre pour faire de nouveau partie du monde des gens « biens », hermétiquement abrité derrière ses parois de verre. Bien interprété et élégamment mis en scène. Marina Foïs est surprenante dans le rôle de cette femme ambigüe, aux origines troubles, trop âgée pour le marché du travail et glaçante, qui refuse de se soumettre aux injections de soumission de la société et ne se résigne à rien pour refaire surface. Malgré ses actes fous, on ressent pour elle une étrange empathie, au fur et à mesure de l'avancée du récit. Pas mal du tout.

4 novembre 2016

Victoria, de Justine Triet (France, 2016)

victoriaVendredi 30 septembre 2016, UGC Montparnasse.

Une bonne étude de notre société à travers les mésaventures de plusieurs personnages qui ont tous bien du mal à rester cohérents dans leurs actes et leurs propos, comme si aujourd'hui il n'était plus possible d'être respectueux de ses aspirations et de ses désirs profonds, ou tout au moins très difficile de parvenir à être juste avec soi. La justice, justement, c'est le milieu dans lequel exerce Victoria (Virginie Efira), avocate quadragénaire, divorcée et élevant seule à Nantes ses deux fillettes, dont la vie personnelle est aussi désordonnée que son appartement. Les personnages masculins, excellents Melvil Poupaud et Vincent Lacoste, ne sont pas mieux lotis dans le genre confus et embrouillé, voire embrouilleur. Quelques scènes sont très drôles, celles de tribunal notamment, mais c'est plutôt une impression de grande mélancolie qui domine dans ce film très plaisant et sympathique, pas cynique, qui avoue une tendresse certaine (ou de la compassion ?) pour tous les personnages.

8 juillet 2016

Macadam à deux voies, de Monte Hellman (USA, 1970)

macadam deux voiesSamedi 2 juillet 2016, la Filmothèque.

Fort rafraîchissant, ce duel sur la route pendant lequel les adversaires sympathisent et s'entraident, tout au long d'une course menée à train d'enfer à travers les Etats-Unis. Un grand bol d'air rugissant, une adorable utopie. Avec Warren Oates tout jeune dans le rôle d'un des conducteurs, selon toute apparence conventionnel et pourtant parfaitement mythomane, face à deux concurrents chevelus et pragmatiques, qui pilotent une vieille guimbarde survoltée.

27 juin 2016

Illégitime, d'Adrian Sitaru (Roumanie, 2015)

illégitimeDimanche 26 juin 2016, Reflet Médicis.

L'affiche est trompeuse : magnifique, elle rassemble à elle seule toutes les qualités de ce film bâclé, filmé à la va-vite avec des images ternes mal cadrées. La mise en scène sert très mal un scénario ambitieux et transgressif (deux jumeaux, frère et soeur, s'aiment charnellement) dont l'immoralité finale donne la nausée.Très déçue par ce mauvais film qui a réussi à être sélectionné pour une présentation au dernier festival de Berlin, on se demande vraiment comment...

27 juin 2016

Tous les chats sont gris, de Savina Dellicour (Belgique, 2016)

tous les chats sont grisLundi 20 juin 2016, MK2 Parnasse.

Un gentil petit film, pas toujours très bien ficelé ni maîtrisé, les comédiens semblent par moments en roue libre, et donc cela manque de rigueur. Mais bon, on y retrouve Bouli Lanners dans un rôle sympathique : un détective privé qui suit à la trace les activités de sa fille biologique, et on découvre aussi Manon Capelle, qui assure d'une belle présence le rôle de la "fille biologique" en pleine crise d'adolescence, qui engage de son côté le détective privé en ignorant qu'il est son père biologique... Les portraits d'adolescents sont attachants et bien filmés, et le sujet est original et intéressant. A suivre donc, s'agissant de la carrière de Savina Dellicour, qui nous donne là son premier film.

7 avril 2016

In Jackson Heights de Frederick Wiseman (USA, 2016)

jackson heightsSamedi 26 mars 2016, MK2 Beaubourg.

Superbe documentaire qui immerge le spectateur 3h durant dans un New York très éloigné de celui auquel nous ont habitués le cinéma et les séries TV. 167 nationalités se partagent ce quartier très populaire, situé au nord du Queens, et que menace la gentrification. La caméra suit le quotidien de chaque habitant, du plus jeune au plus âgé, dans tous ces lieux de vie ordinaire : à l'école, au cours de danse, dans les petits commerces, au café, chez l'assistante sociale... Un voyage passionnant, que rythme le son du métro aérien.

29 juillet 2016

Un mariage, de Robert Altman (USA, 1978)

un mariageSamedi 16 juillet 2016, la Filmothèque.

Une journée de mariage chez des Américains fortunés sert de prétexte à une galerie de portraits un peu conventionnels. Evidemment tout le monde se ment, ou ment, chacun a quelque chose à cacher qui sera révélé au fur et à mesure de cette longue journée. On cache ainsi le décès soudain de la grand-mère (Lilian Gish) pour ne pas ajourner le reste des festivités et Géraldine Chaplin est une maîtresse de cérémonie stressée au moindre écart de protocole. Mais l'ensemble est très enlevé et plaisant, avec parfois d'intéressants retournements de situation, et servi par d'excellents et nombreux comédiens, parmi lesquels Mia Farrow, Vittorio Gassman...

8 juillet 2016

La tortue rouge, de Michaël Dudok de Wit (France, Belgique et Japon, 2016)

tortue rougeLundi 4 juillet 2016, UGC Odéon.

Le graphisme et les teintes aquarellées de ce film d'animation sont d'un tel raffinement que j'en ai oublié parfois de suivre l'histoire, la très belle histoire pourtant d'un jeune homme perdu sur une île déserte, sauvé par l'esprit d'une tortue rouge compatissante. Superbe.

11 juin 2016

Une Anglaise romantique, de Joseph Losey (Grande-Bretagne, 1975)

une anglaise romantiqueVendredi 3 juin 2015, le Champo.

Une belle découverte, avec Michel Caine, Glenda Jackson et Helmut Berger. La femme d'un écrivain célèbre part en cure thermale à Baden-Baden, pour échapper à une vie maritale plutôt morne, où elle fait la connaissance d'un gigolo. A son retour, elle doit affronter la suspicion de son époux, dont l'esprit jaloux et manipulateur s'exacerbe lorsque le jeune homme fait irruption dans leur foyer, et s'y installe. Les situations sont souvent insolentes et prennent au dépourvu, tant il est difficile de discerner où est la part de vérité, de réalité, de mensonge ou de phantasme. Et il est vraiment savoureux de se laisser entraîner dans cette histoire folle, aux dialogues bien vifs.

11 juin 2016

Elle, de Paul Verhoeven (France, Allemagne, 2016)

elleSamedi 28 mai 2016, MK2 Odéon.

Ici le spectateur est continuellement surpris, à chaque scène, tant tout est inversé dans les dialogues et les situations. Quel régal et quelle inventivité ! Acteurs formidables pour ne rien gâter : Isabelle Huppert, Laurent Laffitte, Charles Berling, Anne Consigny, Judith Magre, Virginie Efira. Donc, tout est inversé et peut paraître par conséquent pervers et malsain, mais en fait c'est simplement notre société, telle qu'elle tend à fonctionner aujourd'hui, exaltant la violence et avide de gain, qui est visitée à travers une loupe grossissante. Il faut du toupet et beaucoup de talent pour réussir cela. Un divertissement rare qui se permet d'être tout à la fois drôle et effarant. Le meilleur film du mois.

11 juin 2016

Café Society, de Woody Allen (USA, 2016)

cafe societySamedi 14 mai 2016, MK2 Beaubourg.

Ce film est comme une jolie bulle irisée, gracieuse, légère et pétillante. Incursion dans le Hollywood des années 30, où un jeune homme (Jesse Eisenberg) vient tenter sa chance, et tombe amoureux de la maîtresse (Kristen Stewart) de son oncle (Steve Carell), riche agent de stars. Les scènes comiques et les dialogues très vifs font souvent rire de bon coeur dans ce film pourtant pessimiste, puisque les deux jeunes gens pourtant faits l'un pour l'autre, ratent leur chance - à cause du mariage de raison choisi par la belle - et passent à côté de leur vie. Pas le film le plus brillant de ce cher Woody mais irréprochable et élégant.

11 juin 2016

Mr Holmes, de Bill Condon (USA, Angleterre, 2015)

mr holmesVendredi 13 mai 2016, UGC Rotonde.

La vieillesse avancée du célèbre détective, atteint par de sérieux troubles de la mémoire, retraité et passionné d'apiculture dans un cottage de la belle campagne anglaise (les lieux de tournage sont magnifiquement photographiés, on respire véritablement cette campagne). Une production classique mais très agréable et soignée. Pour ne rien gâcher, l'histoire de ce très vieil homme qui lutte contre les signes de la sénilité et doit résoudre sa (peut-être) dernière énigme, l'affection presque filiale qui le lie au jeune fils de sa gouvernante, est très émouvante.

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