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Mora Venise au cinéma
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19 mars 2015

Il est difficile d'être un dieu, d'Alexeï Guerman (Russie, 2014)

il est difficileSamedi 14 mars 2015, Le Brady.

Malgré une mise en scène éblouissante, composée comme une succession de chefs d'oeuvres de la peinture classique, mais pour illustrer un monde putréfié où les habitants pataugent continuellement dans la boue et sous la pluie, ce film m'a immensément lassée. Cela ne tient pas tant à sa durée, presque trois heures, mais à la désespérance et à la noirceur du contenu. Vomissures, crachats, insultes, corps difformes et âmes tordues, dans une telle répétition que j'ai fini par n'être plus touchée par quoi que ce soit. Tant de moyens pour aboutir à une anesthésie de l'émotion et beaucoup d'ennui...

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14 mars 2015

Crosswind : à la croisée des vents, de Martti Helde (Estonie, 2014)

crosswindJeudi 12 mars 2015, l'Arlequin.

Martti Helde travailla durant quatre ans pour composer ce film extraordinaire, le plus original et le plus beau, le plus fascinant que j'ai pu voir depuis le début d'année. Succession de tableaux vivants, dans un noir et blanc somptueux et une mise en scène non moins impressionnante, ce film illustre les lettres écrites par une des aïeules du réalisateur, durant sa déportation vers le goulag sibérien de juin 1941 jusqu'à la mort de Staline. Seule la caméra circule à la vitesse d'un regard d'homme, lents travellings qui approchent et décryptent les scènes admirablement composées par environ 400 acteurs et figurants, pétrifiés dans leur mouvement, tandis que la bande-son retranscrit le contexte : bruits de pas, des voix, des respirations, des trains, du vent qui agite la végétation et les vêtements. Un chef d'oeuvre.

21 décembre 2014

Terre battue, de Stéphane Demoustier (France, 2014).

terre battueVendredi 19 décembre 2014, MK2 Odéon.

La présence d'Olivier Gourmet m'incite à découvrir cette chronique de vie ordinaire, au sein d'une famille de Français moyens vivant à Villeneuve d'Ascq. Un cadre d'entreprise, récemment licencié, essaie de rebondir en créant sa propre affaire, tandis que son fils unique de 10 ans révèle son potentiel de champion de tennis. Tous deux sont confrontés à l'exigence d'un contexte économique ou sportif qui leur demande de se dépasser, où ils doivent découvrir aussi que tous les coups ne sont pas permis. Une très belle mise en image et un scénario profond et délicat sur une relation père-fils. Olivier Gourmet excellent face au jeune Charles Mérienne, très juste, tout comme Valérie Bruni-Tedeschi en épouse déroutée.

30 novembre 2014

Baal, de Volker Schlöndorff (RFA, 1970)

baalDimanche 30 novembre, MK2 Hautefeuille.

La présence de Rainer Werner Fassbinder dans le rôle-titre justifie ma précipitation pour découvrir ce film, qui bénéficie d'une nouvelle distribution depuis quelques jours à peine. 45 ans ont passé depuis le tournage, mais on y retrouve les excès d'une avant-garde allemande toujours à l'oeuvre dans un certain théâtre. Ce n'est pas forcément ce que je préfère. Violence des situations et des rapports hommes-femmes, noirceur nihiliste et apologie de la destruction du monde bourgeois (j'utilise ce terme pour me replacer dans le contexte d'alors), le film déroule en 32 séquences la vie chaotique de Baal, poète-vagabond qui incarne jusqu'à sa chute ultime une sorte d'antéchrist désespéré. L'individu est aussi abject que sa poésie sublime et le spectateur est en permanence bousculé dans des sentiments tout aussi extrêmes. Une expérience de cinéma, qui vaut par l'interprétation très inspirée de Fassbinder, des acteurs saisissants (on ne voit plus de telles trognes maintenant dans un cinéma devenu en quelque sorte aseptisé), quelques scènes stupéfiantes et la découverte de Margarethe von Trotta dans le rôle d'une des amantes bafouées de Baal. Il est stupéfiant de penser que le film a été tourné en son temps pour une diffusion à la télé allemande... Quelle audace ! Le tout fascine et épuise à la fois.

23 novembre 2014

Eden, de Mia Hansen-Love (France, 2014)

edenSamedi 22 novembre, MKA Odéon.

Portrait d'une génération sur vingt ans, le film met en scène la trajectoire festive, hallucinée puis désenchantée d'un groupe d'amis, dans la scène électro underground parisienne, de ses débuts en 1993 jusqu'en 2013. Une bande musicale et des reconstitutions réussies des fêtes nocturnes, des acteurs tous très attachants qui se meuvent avec naturel, filmés avec sensibilité et justesse, des scènes serrées, fluides et rythmées : tout est irréprochable, jusqu'à la grâce des ellipses temporelles, qui laissent au spectateur le soin d'appréhender la maturation du personnage principal, Paul, DJ dans cet eden musical éphémère. Un film à ne pas rater, qui retrace à travers le parcours de cette génération particulière, tout à la fois l'énergie joyeuse et la gravité, l'idéalisme et les désillusions de toutes les générations passées et à venir.

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2 novembre 2014

L'aventure de Mme Muir, de Joseph L.Mankiewicz (USA, 1947)

mme muirSamedi 1er novembre, Reflet Médicis.

En cette veille de fête des morts, il est presque naturel de voir un film dont l'intrigue se bâtit sur l'idylle qui naît entre un fantôme et une mortelle. Soin raffiné des images et des dialogues, musique envoûtante, à chaque plan la beauté lumineuse de Gene Tierney semble aujourd'hui presque immatérielle. Un film romantique dans la plus pure définition du terme, qui épouse le fantastique et allie la comédie à une certaine mélancolie.

22 février 2015

The Misfits, de John Huston (USA, 1961)

misfitsSamedi 21 février 2015, Filmothèque du quartier latin.

Jusqu'à présent j'avais vu et revu les Misfits sur petit écran, et le découvrir cette fois en salle lui a vraiment donné une autre dimension. Clark Gable, Montgomery Clift, Eli Wallach, Marylin Monroe..., émotions, tourments et sensibilité à fleur de peau, communicatifs à chaque plan. Marilyn/Roslyn est au centre de ce maëlstrom bouleversant, parfois filmée à son insu comme un monument sidérant de sensualité, figure lumineuse et innocente, révélatrice de tout ce que l'homme peut exprimer de meilleur ou de pire, mais figure rédemptrice avant tout. Un chef d'oeuvre.

17 février 2015

Jupiter : le destin de l'univers, de Lana et Andy Wachowski (USA, 2014)

jupiterMardi 17 février 2015, UGC Ciné Cité Les Halles.

Un pur film de science-fiction, visuellement ébouriffant, qui regorge de trouvailles à chaque plan. Cela cause parfois une certaine confusion dans le déroulé du récit, avec un humour également trop simplet par moments, mais le tout vous embarque dans un pur moment de cinéma distrayant, avec un plaisir enfantin. Entre deux voisines, l'une ivre sur ma gauche qui buvait bière sur bière et a quitté la salle en titubant avant la fin de la séance, et une autre sur ma droite qui dévorait un gros mille-feuilles, l'atmosphère aurait pu être perturbante, mais cela a rajouté à la fantaisie décomplexée de l'ensemble. Interstellar n'arrivait pas à la cheville de Jupiter, pour ce qui est des décors débordant d'imagination, à couper le souffle.

19 octobre 2014

Saint Laurent, de Bertrand Bonello (France, 2014)

saint laurentMercredi 15 octobre, UGC Danton.

Très déçue par ce dernier film de Bertrand Bonello, malgré une affiche très alléchante. Gaspard Ulliel dans le rôle-titre fait une performance respectable, ainsi que Louis Garrel, et le film est très soigné, mais cela ne "décolle" pas. Retrouver Helmut Berger (dans le rôle de Saint Laurent âgé) à l'écran est d'une grande cruauté, plus de 40 ans après les Damnés... Je crois que je préfère ne pas me trouver confrontée aux ravages du temps qui s'exercent sur des acteurs et actrices qui ont incarné la beauté de la façon la plus fascinante qui soit, il y a bien longtemps maintenant... Bref, je ne me suis toujours pas remise de cette confrontation. Pour en revenir au film, les 2h30 de projection m'ont paru interminables. C'est un film qui n'apporte rien, classiquement ennuyeux, sans originalité. Enfin si, il y a quand même un élément incroyable : Jérémie Renier, d'habitude excellent, est à peine médiocre dans le rôle de Pierre Berger, et ça il faut pouvoir le faire. Les seules scènes intéressantes sont celles tournées en boîtes de nuit, durant lesquelles on retrouve le son un peu "gras" du vinyle sur la platine.

18 octobre 2014

Gemma Bovery, d'Anne Fontaine (France, 2014)

gemma bovery

Lundi 13 octobre, MK2 Odéon.

Un moment de cinéma drôle et savoureux que nous donnent à partager des acteurs tous très inspirés, de Fabrice Lucchini à Gemma Aterton, sans oublier tous les seconds rôles, dont Niels Schneider qui incarne de nouveau un séducteur fatal. Le boulanger d'une petite bourgade normande, féru des grands classiques de la littérature, croit reconnaître chez ses nouveaux voisins les incarnations contemporaines de Charles et d'Emma Bovary qui revivent sous ses yeux les situations du roman de Flaubert. Un film vraiment rafraîchissant qui fait lui aussi, après Mommy, de nouveau rimer le cinéma avec le plaisir. Le film réserve tout de même ses surprises, car les femmes et les comportements amoureux ont changé depuis le 19e siècle, tout comme les pédants et les imbéciles, ce qui donne lieu à de jolies trouvailles.

6 février 2015

Les jours venus, de Romain Goupil (France, 2014)

les jours venusJeudi 5 février 2015, UGC Ciné Cité Les Halles.

Romain Goupil filme comme il respire. Ce long métrage fait s'alterner des scènes de fiction largement autobiographiques avec des instants filmés dans la "vraie vie" pendant les dernières décennies, réunions familiales, déambulations à Sarajevo, instants de vacances. C'est un patchwork décontracté et plaisant, plein d'humour et plutôt savoureux, avec en personnage central le cinéaste lui-même qui s'interroge sur son métier, l'acte de filmer, la mission du cinéma, pendant que la vie se déroule avec des rencontres féminines qui incarnent chacune une différente forme de rapport au désir. Attachant, original et souriant.

5 février 2015

Wild, de Jean-Marc Vallée (USA, 2014)

wildMercredi 4 février 2015, UGC Ciné Cité Les Halles.

Une jeune femme parcourt seule le sentier de randonnée du Pacific Crest Trail, qui longe la côte ouest des Etats-Unis, de la frontière mexicaine à la frontière canadienne. Le film est tiré de l'expérience vécue par Cheryl Strayed, ici interprétée par Reese Witherspoon, qu'elle a ensuite relatée dans un ouvrage qui est devenu un best-seller outre-Atlantique, en 2012. Cette expérience hors-norme aboutit malheureusement à un film convenu et sans surprise, malgré une bonne performance de Reese Witherspoon, malgré les paysages traversés qui devraient en principe, au moins, couper le souffle du spectateur. La portée initiatique est à l'avenant, ébauchée brièvement, à la va-vite. Très moyen. Into the Wild de Sean Penn atteignait une autre dimension.

1 février 2015

Le cri du sorcier, de Jerzy Skolimovski (Grande-Bretagne, 1978)

cri du sorcierSamedi 31 janvier 2015, Reflet Médicis.

Le film est un peu daté mais offre un bain voluptueux dans l'atmosphère anglaise des années 70, pour qui goûte ce mélange d'atmosphère aérienne, raffinée et décalée, au déroulé de scènes presque hallucinatoire. L'histoire s'y prête d'ailleurs volontiers puisque le personnage central, autour duquel gravitent ses proies - en l'occurrence un jeune couple sans histoire (John Hurt et Susannah York) vivant dans la douce campagne du Devon -, se targue de pourvoirs surnaturels et maléfiques que lui aurait transmis une tribu aborigène, lors d'un séjour en Australie. Alan Bates, le "sorcier", pourrait ainsi tuer par l'effet de son seul cri, et envoûter les âmes par objets interposés. Un film très sonore, avec un montage "son" d'une précision impressionnante pour les transitions scéniques. Cerise sur le gâteau, la musique est composée par Michael Rutherford et Anthony Banks, du groupe Genesis (ce fut la surprise du générique d'ouverture), et l'ensemble est ponctué par de très intéressantes scènes d'enregistrement et de recherches sonores, effectuées par le personnage du jeune époux.

18 octobre 2014

Mommy, de Xavier Dolan (Québec, 2014)

mommy

Samedi 11 octobre, MK2 Beaubourg.

Je n'espère qu'une chose, c'est que Xavier Dolan continue de tourner des films et qu'il ait une longue vie. Pour une fois, je vais rejoindre les critiques qui ont paraît-il (je n'en ai pas lu) été dithyrambiques. Voilà, c'est un film qui vous laisse ébouriffé et content à la sortie, béat et muet. On est sous état de choc, mais de bonheur. Le film qu'il faut aller voir en courant.

25 janvier 2015

Discount, de Louis-Julien Petit (France, 2014)

discountSamedi 24 janvier 2015, UGC Danton.

Comédie sociale qui prend par moments des accents de thriller, Discount confronte la pauvreté de toute une population - petits salariés et familles largement issues de l'immigration mais pas seulement -, agglomérée aux abords de la grande périphérie lilloise, à l'utopie solidaire qui peut lier toutes les générations dans un acte de résistance collectif aux lois du profit, qu'incarne en l'occurrence une grande chaîne de distribution "discount". C'est donc à la fois drôle et désespéré. Drôle en raison des caractères des personnages principaux, les employés d'un magasin "discount", et de l'action qu'ils entreprennent naïvement pour contrer les nouvelles directives de leur gérante (je retrouve avec plaisir Zabou Breitman dans ce rôle) qui s'apprête à procéder à plusieurs licenciements économiques pour installer des caisses automatiques. Désespéré parce qu'il s'agit bien d'une improbable utopie que cette création d'une épicerie solidaire, à partir d'articles détournés massivement, revendus à prix cassés auprès de toutes les franges appauvries d'une société industrielle et commerciale en plein déclin, qui ne parvient à conforter sa position sur le marché qu'en appliquant des principes de gestion inhumains, mais qui font loi. C'est donc un sentiment très fort de désillusion qui m'a envahie à la fin de la séance.

24 janvier 2015

Foxcatcher, de Bennett Miller (USA, 2014)

foxcatcherVendredi 23 janvier 2015, UGC Rotonde.

Un excellent film qui brasse plusieurs thèmes et qui relève de cette catégorie de longs métrages que l'on peut voir et revoir sans se lasser. La relation entre frères, la recherche du père, le dépassement de soi ou la chute, la confrontation de deux sociétés et la relation cruelle qui s'instaure dans un rapport de domination feutré, l'enfance bousculée et ses possibles conséquences, la solitude des grands champions que la société est aussi rapide à aduler qu'à oublier... C'est donc un film très riche, magnifiquement interprété de surcroît - par Channing Tatum en champion mutique et immature, Mark Ruffalo en frère protecteur et aimant prêt à accepter tous les coups et Steve Carell en milliardaire névrosé qui s'achète indifféremment un homme, un hélicoptère ou un char d'assaut comme autant de jouets qu'il manipule à loisir - qui me permet d'achever (bientôt) le mois de janvier en beauté.

22 juin 2014

Xenia, de Panos Koutras (Grèce, France et Belgique, 2014)

xenia

Samedi 21 juin, MK2 Hautefeuille.

Un film profondément original, d'une grande richesse, qu'il faut aller voir en courant. Tout à la fois très drôle, émouvant et parfois inquiétant et violent, il mélange de nombreux genres pour dénoncer la réalité politique et sociale grecque (enfin, pas seulement au regard de ce qui se passe dans plusieurs autres pays européens...) : la xénophobie, l'homophobie... en gros, la stigmatisation de "l'autre" dans ses différences.

Deux frères, deux adolescents de 16 et 18 ans, partent à la recherche de leur père grec après la mort de leur mère. Nés en Grèce mais de mère albanaise, ils sont considérés comme des étrangers sur le sol où ils ont grandi et risquent l'expulsion. Pour faire face à l'absurdité de cette situation, ils sont armés de leurs rêves d'adolescents (fans de musique populaire italienne des années 60, ils veulent concourir à une émission musicale de télé-réalité) et de l'affection qui les unit, malgré les disputes inévitables entre deux tempéraments très opposés. Les situations frôlent l'absurde, provoquées par les initiatives catastrophiques du benjamin, avec des personnages souvent hauts en couleurs. Les dialogues sont savoureux, vivants, frais et spontanés. Les deux jeunes acteurs, non professionnels, sont franchement excellents. Kostas Nikouli et Nikos Gelia sont deux noms à ne pas oublier. 

18 janvier 2015

Le scandale Paradjanov, de Serge Avédikian et Olena Fétisova (Ukraine, France et Géorgie, 2014)

scandale paradjanovMardi 13 janvier 2015, Espace Saint-Michel.

Serge Avédikian filme et interprète (bien) Serguei Paradjanov pendant les trente dernières années de sa vie, après le scandale suscité par Les chevaux de feu à sa sortie. Nous suivons l'errance mentale et géographique d'un artiste maudit, entre ses années d'enfermement et d'exil. Il est dommage que le tout soit un peu confus pour qui ne connaît pas les grandes lignes de la biographie de Paradjanov, ce qui est mon cas. Je découvre un homme excentrique avec un besoin de création illimité, condamné à ne plus pouvoir filmer, et qui se consacre donc à récupérer des matériaux hétéroclites pour réaliser des collages et des assemblages baroques et poétiques. Mais cela correspond-il vraiment à la réalité ? Je suis restée sur ma faim en dépit des fascinants extraits de ses réalisations, qui parsèment l'ensemble de ce long métrage inabouti.

18 janvier 2015

Mon amie Victoria, de Jean-Paul Civeyrac (France, 2014)

mon amie victoriaLundi 12 janvier 2015, MK2 Hautefeuille.

D'après un roman de Doris Lessing, mais transplanté à Paris, des années 80 à nos jours. C'est la confrontation éblouie de Victoria, petite fille noire, douce et orpheline, pas très douée à l'école - qui cumulerait donc les handicaps pour se frayer son chemin dans la vie - au milieu familial artiste et bourgeois, mais conformiste dans des prises de position politiquement correctes, d'un petit camarade de classe. Elle grandit en conservant une fascination distante pour ce milieu, jusqu'au jour où elle a la possibilité de renouer brièvement avec lui.

Un fort joli film, qui photographie avec une pudeur aimante ses comédiens, une douceur pleine de délicatesse et de mutisme, un peu à l'image du personnage principal. Ce n'est pas si courant de voir des comédiens filmés presque amoureusement et cela rend Mon amie Victoria très attachant. Un peu long parfois, un peu lent, mais c'est sans doute pour mieux épouser le rythme réel de la vie qui s'écoule parfois avec tant d'impuissance, d'hésitation et de silence.

18 janvier 2015

Hard day, de Kim Seong-hun (2014, Corée)

hard daySamedi 10 janvier 2015, MK2 0déon.

Cette plongée dans le milieu corrompu de la police (un sujet récurrent dans les films sud-coréens) est menée tambour battant, et nous entraîne à la suite des mésaventures d'un flic véreux qui accumule les déveines, le jour de l'enterrement de sa mère. Découpé comme une bande dessinée, parfaitement réalisé, le film enchaîne les situations improbables et cocasses. La mise en scène est réjouissante... même si au bout d'un certain temps ce rythme trépidant finirait presque par lasser un peu, car on voudrait trouver le temps de respirer ! Mais le tout est rondement mené et les acteurs efficaces. Divertissant.

13 janvier 2015

Les règles du jeu, de Claudine Bories et Patrice Chagnard (2015, France)

les règles du jeuMercredi 7 janvier 2015, Reflet Médicis.

Ce documentaire nous propose de suivre le parcours d'insertion professionnelle de cinq jeunes âgés de 19 à 20 ans, coachés par une société spécialisée, à Roubaix. Pas ou peu diplômés, on les devine déjà sur une voie de désocialisation et ils doivent apprendre à intégrer les codes de l'entretien d'embauche, de la présentation, de l'expression orale, épaulés par des professionnels du "retour à l'emploi" bienveillants et attentifs, mais qui relèvent d'un tout autre niveau social. C'est la confrontation de deux univers bien distincts et la réalité d'une société qui finalement marginalise les individus tout en faisant tout son possible pour les rendre "acceptables" aux patrons, parfois dans des demandes qui frisent l'absurdité. Poignant et déprimant.

31 décembre 2014

Whiplash, de Damien Chazelle (USA, 2014)

whiplashSamedi 27 décembre 2014, le Saint-Germain.

Extraordinaire face à face d'un jeune homme passionné de batterie (Miles Teller) et d'un enseignant aux méthode extrêmes (J. K. Simmons), il n'est pas étonnant que ce film ait été ovationné à l'issue de sa projection lors du dernier festival de Cannes. La bande-son est de plus d'une qualité exceptionnelle. J'aurais aisément pu le visionner en boucle une seconde fois, ce qui m'arrive très rarement. C'est donc la description subjuguante d'une vocation artistique, des sacrifices et du combat qu'elle implique, de la perte de l'innocence et d'une forme de marginalité proche de la folie, pour celui qui place son art au-dessus de tout.

5 octobre 2014

Un été à Quchi, de Tso Chi Chang (Taïwan, 2014)

ete quchi

Samedi 27 septembre, Espace Saint-Michel.

Un film délicat et doux qui décrit l'ennui traîné par Bao, garçonnet placé chez son grand-père à la campagne, le temps d'un été, le temps que ses parents règlent leur séparation. Replié sur lui-même et sa tablette de jeux, il s'ouvre très lentement à l'amitié et à ce nouvel environnement. Un joli film, parfois un peu trop lent et manquant de rythme, inégal, avec des effets parfois trop appuyés, mais agréable à regarder.

21 décembre 2014

Gaby Baby Doll, de Sophie Letourneur (France, 2014)

gaby babySamedi 20 décembre 2014, MK2 Hautefeuille.

Une bande annonce sympathique aperçue quelques jours plus tôt me fait suivre les pas de Lolita Chammah et de Benjamin Biolay dans cette comédie espiègle et poétique, aux allures de conte romantique doucement farfelu, qui baigne dans la lumière irisée de ce qui semble être la campagne bourguignonne, au petit matin ou le soir venu. Des personnages extrêmement attachants, un bol d'air frais et d'innocence.

14 septembre 2014

L'institutrice, de Nadav Lapid (2014, Israël)

linstitutrice

Samedi 13 septembre, MK2 Beaubourg.

Une institutrice découvre qu'un de ses élèves, âgé de cinq ans, est un génie de la poésie, saisi par de fulgurantes inspirations. C'est une femme qui finalement se sent étrangère à son époque, en porte-à-faux avec son environnement. Ellle est bouleversée par les vers que prononce le petit garçon, incarnation de la pureté, pour un temps qu'elle devine très court, celui magique de la petite enfance où l'instruction n'a pas encore fait oeuvre de destruction.

L'ensemble est sans relief et assez terne, hormis quelques scènes savoureuses : jeux entre enfants et séquences d'atelier d'écriture pour adultes. Encore un film qui m'a passablement ennuyée.

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