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Mora Venise au cinéma
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10 novembre 2015

Une jeunesse allemande, de Jean-Gabriel Périot (France, 2015)

une jeunesse allemandeSamedi 31 octobre 2015, le Reflet Médicis.

Ce montage d'archives visuelles reconstitue la naissance et l'évolution du groupe Fraction Armée Rouge, dirigé par Andreas Baader et Ulrike Meinhof, des années 60 jusqu'aux années 70, de leur opposition à la génération qui mena le nazisme au pouvoir à leur radicalisation dans l'action violente. Un documentaire intéressant qui reconstitue bien leur évolution dans l'extrêmisme, mais qui laisse un peu le spectateur sur sa faim. Beaucoup de questions restent sans réponse, l'histoire personnelle de chacun des membres de la RAF n'étant pas approfondi.

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30 octobre 2015

L'homme irrationnel, de Woody Allen (USA, 2015)

lhomme irrationnelVendredi 16 octobre 2015, MK2 Odéon.

Déçue, malgré la présence de Joaquin Phoenix et d'Emma Stone. Déçue, malgré la belle chute du film. Auparavant, il m'a fallu lutter contre le sommeil, quasiment tout au long de la projection, car le tout manque curieusement de rythme et manque de relief, comme l'affiche d'ailleurs.

21 janvier 2016

Béliers, de Grímur Hákonarson (Islande, 2015)

beliersLundi 18 janvier 2016, le Reflet Médicis.

Ce film a remporté lors du dernier festival de Cannes le premier prix de la section "Un certain regard", qui distingue les longs métrages insolites et originaux. L'action se déroule dans les montagnes islandaises, là où l'on compte au moins 500 fois plus de moutons au km2 que d'êtres humains. Dans cet univers aride quasiment désertique, tout repose sur l’élevage du mouton qui assure le seul moyen de subsistance d’une toute petite communauté d’éleveurs et aussi les échanges affectifs pour les célibataires taiseux (les effusions sont rares et réservées en priorité aux animaux). Deux frères y dirigent chacun leur bergerie dans des fermes mitoyennes et ils ne se sont pas adressé la parole depuis 40 ans, jusqu'à ce que la tremblante du mouton fasse son apparition dans les troupeaux et modifie le fragile équilibre de chacun. Insolite et original, ce film l’est assurément, qui alterne les situations tendrement cocasses mais aussi bouleversantes.

30 octobre 2015

Les secrets des autres, de Patrick Wang (USA, 2015)

les secrets ds autresSamedi 10 octobre 2015, Espace Saint-Michel.

Incursion pensive dans une famille d'Américains moyens, où chacun reste enfermé dans sa souffrance, à la suite d'un deuil. Poids des silences et des chuchotements. Beaucoup de justesse dans cette radiographie pudique mais précise, où tout est suggéré. Un film intimiste, sans hystérie ni esbrouffe, simplement respectueux dans la distance accordée aux personnages.

30 octobre 2015

Vers l'autre rive, de Kiyoshi Kurosawa (Japon, 2015)

vers lautre riveSamedi 3 octobre 2015, MK2 Hautefeuille.

Une veuve part avec un rouleau de prières, accompagner son époux décédé sur les lieux où il a vécu, jusqu'à sa délivrance et celle des âmes qu'ils croisent en chemin, toutes hantées par un regret, celui du mot ou du geste, en trop ou absent, qui a terni l'amour porté à l'épouse, l'ami, le frère ou l'enfant. Difficile dans sa sobriété épurée, presque inaccessible de par sa spirituelle dignité, ce film émeut jusqu'à l'accablement, malgré l'apaisement final.  

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17 mai 2015

La tribu des fourmis, de Huilong Yang (Chine, 2013)

tribu des fourmisMercredi 13 mai 2015, Espace Saint-Michel.

L'envers du miracle économique chinois, à travers les désillusions de trois jeunes diplômés, dans une banlieue déshéritée de Pékin. "La tribu des fourmis" est en fait le surnom donné à la génération des 20-30 ans, confrontés à la réalité du monde du travail, qui ne trouvent pas d'emploi à la hauteur de leurs compétences et sont souvent obligés de survivre misérablement d'un petit boulot à un autre. Un film intéressant, tourné comme un documentaire dans les ruelles et les masures de Tang Jia Ling, voué depuis à la destruction.

11 septembre 2015

Dheepan, de Jacques Audiard (France 2015).

dheepanVendredi 4 septembre 2015, le Cinéma du Panthéon.

Un peu déçue par ce dernier film de Jacques Audiard qui ne m'a pas transportée comme les précédents. Pas mal, mais pas excellent non plus. Le scénario est pourtant peu commun au cinéma avec cette famille tamoule composée de toutes pièces pour gagner ses passeports pour l'émigration, vers l'Europe, et est parfaitement en phase avec l'actualité. Bref, le tout est bien assemblé et les interprètes (dont Vincent Rottiers en caïd de banlieue) tout à fait convaincants, mais j'ai ressenti une gênante impression de répétition dans les effets d'images - multiples fondus au noir et ralentis, une impression de déjà vu pour les scènes de ghetto de banlieue/ghetto de prison - qui m'ont laissé une impression un peu pénible de manque d'originalité cette fois, de manque d'inspiration. Le film est donc hélas sans surprise malgré de très bonnes scènes d'introduction, mais aussi un misérabilisme forcé dans d'autres scènes, dans un ensemble qui aurait pu se prêter pourtant à une meilleure densité.

30 décembre 2015

La trilogie d'Apu, de Satayajit Ray (Inde, 1955-1959)

trilogie d'apuSamedi 12, lundi 14 et samedi 19 décembre 2015, la Filmothèque du Quartier Latin.

Heureusement qu'il y a de grands classiques pour consoler des soupes ternes qui sont sorties sur les écrans cet automne...

Les trois films qui constituent la Trilogie d'Apu sont progressivement de plus en plus splendides : Pather Panjali (La complainte du sentier), Aparajito (L'invaincu) et Le monde d'Apu retracent en trois volets l'itinéraire d'un enfant dans l'Inde du début du 20e siècle jusqu'à sa vie d'adulte. Pather Panjali est assez conventionnel mais le dépouillement qui s'ébauche dans Aparajito explose dans le Monde d'Apu, laissant le spectateur perpétuellement sidéré devant la grâce des images. Un cinéma miraculeux qui exprime à chaque plan tous les sentiments qui jalonnent une vie humaine, de la joie la plus profonde à la plus intense des détresses.

19 juillet 2015

Mad Max : Fury Road, de George Miller (Australie, USA, 2015)

mad maxSamedi 4 juillet, UGC Ciné Cité Les Halles.

Incapable d'assimiler les scènes de guerre à un genre de divertissement, ce Mad Max m'a toutefois laissée ébahie du début à la fin, parfois même éblouie par l'extravagance et la puissance de la mise en scène. Les amoureux de science-fiction et d'action sont gâtés, c'est un univers recréé de toutes pièces avec brio sous le soleil des grands déserts d'Australie et de Namibie, qui repousse loin les frontières de l'imagination, grâce à une véritable armée de techniciens qui outillent et griment une autre armée d'acteurs et de figurants, dont Charlize Theron et Tom Hardy dans les rôles principaux. Musclé, délirant et talentueux.

30 décembre 2015

Ixcanul, de Jairo Bustamante (Guatemala, 2014)

ixcanulSamedi 28 novembre 2015, MK2 Hautefeuille.

Après le bouleversant Coupe à dix francs, il était périlleux de partir à l'abordage d'un autre long métrage. Ixcanul ne manque pourtant pas d'intérêt. Le spectateur cette fois est immergé dans la paysannerie pauvre du Guatemala, qui travaille dans une plantation de café, sur les flancs d'un volcan. Révolte là aussi d'une jeunesse, incarnée par une jeune fille de 17 ans qui refuse le mariage arrangé par ses parents. Un beau caractère dont le combat est perdu d'avance, qui se fracasse contre tous les préjugés d'une société encore féodale. Intéressant.

10 novembre 2015

L'homme à la caméra, de Dziga Vertov (URSS, 1929)

lhomme a la cameraSamedi 31 octobre 2015, le Reflet Médicis.

Un feu d'artifice d'images magnifiquement cadrées, dans un noir et blanc rythmé par les lignes verticales et horizontales de la ville moderne (ici Odessa), pour vanter les mérites de l'ère nouvelle industrielle, mécanisée, dynamique de la toute neuve société soviétique, en plusieurs volets : l'éveil de la ville et de ses habitants, son animation trépidante, le travail prolétarien, le sport, les loisirs... Expérimental mais pas lassant et souvent fascinant d'inventivité.

7 juin 2015

Walkabout, de Nicholas Roeg (Grande-Bretagne, 1971)

walkeboutVendredi 5 juin 2015, Reflet Médicis.

Un petit garçon et sa grande soeur adolescente perdus dans le désert australien, et leur rencontre avec un "walkabout", jeune aborigène (David Gulpilil dans son premier rôle) qui doit pendant plusieurs mois apprendre à survivre seul dans la nature avant d'accéder au statut d'homme. La nature et ses dangers, ses beautés, la crudité de la chasse, tout est vu à la hauteur des yeux de chaque personnage. Deux univers étrangers l'un à l'autre s'observent et ne se comprennent pas, l'adolescent aborigène ne parvenant à établir une communication qu'avec le petit garçon, qui est encore à l'âge de l'univers magique du jeu et de l'échange permanent avec tout ce qui l'entoure. Un très beau film qui fait l'amer constat d'une civilisation ignorante de l'autre, si ce n'est pour retenir des caricatures culturelles et les détourner en commerce grossier.

30 octobre 2015

La splendeur des Amberson, d'Orson Welles (USA, 1942)

splendeur des ambersonDimanche 11 octobre 2015, le Champo.

Que de scènes cultes là encore, dont les excès remplissent d'aise : le petit Georges Minafer, son orgueil démesuré et ses longues boucles insensées, lançant son attelage à fond de train à travers la ville, l'architecture somptueusement baroque de la maison des Amberson, découpée des ombres les plus noires. Un régal.

23 mai 2015

La loi du marché, de Stéphane Brizé (France, 2015)

loi du marchéMardi 19 mai 2015, UGC Rotonde.

Ce film qui n'en est pas vraiment un m'a laissé une impression dérangeante et assez désagréable de faux documentaire qui glisserait vers la télé-réalité. Vincent Lindon et Karine de Mirbeck, un couple qui doit faire face au chômage, sont les deux seuls acteurs, face à des figurants qui interprètent leur propre rôle dans la vie : chômeurs, salariés d'un supermarché, conseiller pôle Emploi, directeur de ressources humaines etc. Vincent Lindon, homme au chômage donc, qui trouve un poste de vigile dans une grande surface mais n'est pas près d'être complice de la politique de licenciement qui se met en oeuvre et concerne aussi fragile et démuni que lui. Vincent Lindon incarne très bien cet homme simple, acculé mais qui veut préserver malgré tout sa dignité et refuse de vendre son honneur au système, à "la loi du marché". Il est tout à fait convaincant et le propos est louable mais le film n'apporte rien de nouveau sous le soleil : nous savons tous qu'il est nécessaire de travailler pour vivre et payer ses factures, que sinon c'est le désespoir et la marginalisation, que l'on est payé à coups de trique dans la grande distribution, que celle-ci applique une gestion des ressources humaines seulement guidée par le profit, et tout ceci ne date pas d'hier... Aucune originalité ni perspective, un constat stérile et sec, une mise en scène inexistante.

23 mai 2015

Une femme iranienne, de Negar Azarbayjani (Iran, 2011)

une femme iranienneLundi 18 mai 2015, MK2 Hautefeuille.

Un film résolument optimiste qui appelle à plus de liberté et de tolérance, porté par deux actrices attachantes. Une femme iranienne aurait pu se titrer Deux femmes iraniennes, car il s'agit bien de deux héroïnes, l'une traditionnelle et l'autre rebelle, qui bravent et transgressent chacune à leur façon les lourds interdits de la société iranienne. Utopiste peut-être, mais une pureté de propos et une simplicité de mise en scène qui font du bien dans cette histoire transgenre, insolite et audacieuse.

30 octobre 2015

Les deux amis, de Louis Garrel (France, 2015)

les deux amisSamedi 26 septembre 2015, MK2 Odéon.

Bien gentil mais un peu léger. Golshifteh Farahani heureusement illumine l'écran (il faut reconnaître qu'elle est magnifiquement photographiée) et confirme son immense talent d'actrice. Ce qui ne suffit pas hélas à sauver un film juste moyen, avec des personnages masculins insupportables et dénués de la moindre miette de subtilité, surtout celui incarné par Vincent Macaigne, des individus mal grandis, égoïstes et lourdingues. On peut éviter sans regret.

17 mai 2015

Titli, une chronique indienne, de Kanu Behl (Inde, 2014)

titliVendredi 15 mai 2015, Reflet Médicis.

Titli est le plus jeune frère d'une fratrie de petits truands. Il cherche péniblement à s'extraire de la soumission due à ses aînés, père et frères, pour construire son propre destin et échapper aux magouilles minables et à la criminalité. L'action se déroule à Delhi et le contexte donne plutôt froid dans le dos, tant il est difficile d'échapper à des coutumes qui donnent toute l'autorité au chef de famille. La société par ailleurs est rongée par une corruption omniprésente qui règne en maître. Le plus fort a tous les droits et toujours raison. Un film qui happe le spectateur de rebondissements en retournements de situation, assez dur du fait de cette violence continue des rapports de force entre individus, qui bâtit somme toute une société où chacun est poussé à tricher et mentir constamment. Quelques frémissements cependant s'observent du côté des femmes et des plus jeunes, à l'exemple de Titli. Un film positif et dynamique, qui se regarde avec un réel plaisir.

31 janvier 2015

A most violent year, de J.C. Chandor (USA, 2014)

392119Mardi 27 janvier 2015, UGC Ciné Cité Les Halles.

Salle toujours comble un mois après la sortie, pour ce film qu'effectivement on ne peut que conseiller après l'avoir vu.

Oscar Isaac incarne un chef d'entreprise issu de l'immigration, qui se lance à New York dans la distribution de fuel domestique. Parfaitement intègre, il est toutefois assailli d'un côté par le fisc qui le harcèle pour des malversations supposées et de l'autre côté par un commanditaire inconnu qui agresse ses employés et lui dérobe ses camions. Le film déroule un mécanisme de destruction implacable qui pourrait anéantir ce petit patron trop honnête et ambitieux, qui réunit trop de talents en lui seul et laisse présager trop de réussite, au coeur d'une ville où l'intimidation et la corruption semblent constituer un sésame incontournable pour qui veut se lancer durablement dans les "affaires". L'action se déroule en 1981, année où furent recensés le plus grand nombre d'actes de violence et de délinquance à New York. Le film fort heureusement n'est pas une succession d'actes violents, le titre rappelle simplement un contexte historique. Le tout est impeccable, avec un fort bon suspens et d'excellents retournements de situation.

6 mai 2015

Caprice, d'Emmanuel Mouret (France, 2015)

capriceLundi 4 mai 2015, MK2 Odéon.

Je retiens surtout la belle présence d'Anaïs Demoustier dans ce nouveau film d'Emmanuel Mouret qui ne tient pas tout à fait ses promesses. Pas franchement original, des gags mous qui tombent surtout à plat et un ensemble peu convaincant, l'ensemble m'a plongée rapidement dans une sorte de léthargie. Le film a toutefois le mérite d'être dénué de toute prétention et d'exprimer avec honnêteté les faux-semblants des relations amoureuses chez les adultes "d'âge mûr", en opposition à la sincérité candide des plus jeunes. Ce chapitre sur la désillusion et la perte de l'innocence aurait mérité une mise en scène plus précise et plus alerte.

31 juillet 2015

La Isla minima, d'Alberto Rodriguez (Espagne, 2014)

la isla minimaMardi 28 juillet, UGC Odéon.

Andalousie 1980, deux policiers viennent de Madrid pour enquêter sur la disparition de deux adolescentes dans un village. Le tandem composé d'un jeune flic et d'un plus âgé ne semble pas très assorti dès le départ, l'atmosphère est plutôt lourde de non-dits et de sous-entendus dans cette Espagne post-franquiste où les fantômes de la dictature hantent encore le présent. L'enquête, rondement menée, se double d'une chronique sociale et d'une belle description de tempéraments. Un thriller fort intéressant avec un scénario intelligent qui offre plusieurs niveaux de lecture, très bien interprété par Raúl Arévalo (le jeune flic) et Javier Gutiérrez (le flic plus âgé), des plans aériens de cette côte perdue d'Andalousie, où les humains s'agitent comme d'infimes insectes, tout à fait délectables qui saisissent le spectateur d'émotion.

30 juillet 2015

Tale of Tales, de Matteo Garrone (Italie 2015)

tale of talesVendredi 24 juillet 2015, l'Accatone.

Malgré quelques scènes très réussies, un grand déploiement de moyens et une beauté visuelle certaine, cette superproduction  m'a laissée sur ma faim, le récit s'achevant en queue de poisson. Il est question de trois royaumes, mais quel est le lien entre eux ? L'univers fantastique et onirique des contes est bien représenté, pourtant le tout manque de profondeur et la magie n'opère pas. Un peu frustrant.

29 juillet 2015

Hill of freedom, de Hong Sangsoo (Coréee du Sud, 2015)

hill of freedomSamedi 11 juillet 2015, Reflet Médicis.

Un jeune Japonais se rend à Séoul pour retrouver une femme qu'il a aimée, après lui avoir adressé de nombreuses lettres. Ses déambulations à travers la ville et ses rencontres nous sont relatées par cette jeune femme, à travers la lecture de ces missives qui s'effectue dans une chronologie accidentée, les lettres s'étant éparpillées après être tombées au sol. A partir du sujet central, prétexte au film, toutes les combinaisons de scénario sont possibles pour le spectateur qui doit essayer de reconstituer une histoire se déroulant en puzzle. Cela rend le film plus compliqué à visionner et demande un réel effort de concentration. Mais est-ce bien nécessaire ? Finalement, c'est un exercice de détachement qui nous est proposé, une méditation subtile sur la futilité des passions et des tourments auxquels nous restons accrochés douloureusement. Ce film au déroulé étrange et doux m'a paru beaucoup plus mélancolique que les précédents, en dépit des irrésistibles scènes de beuverie auxquelles Sangsoo nous a accoutumés.

19 mars 2015

Big Eyes, de Tim Burton (USA, 2015)

big eyesJeudi 19 mars 2015, UGC Odéon.

D'après des faits réels qui se sont déroulés sur la côte Ouest américaine, de la fin des années 50 jusqu'aux années 60, voici un film sur l'usurpation d'identité, celle d'une jeune femme (très) effacée qui peint des toiles à succès et que s'attribue son époux, très escroc. Il n'est heureusement pas nécessaire de goûter le style de ces peintures, très particulier, pour être touché par ces deux personnages, l'une (Amy Adams dans le rôle de Margaret Keane) artiste sincère dans ses émotions et son inspiration, poussée à la productivité, et l'autre (Christopher Waltz dans le rôle de Walter Keane) en mythomane accompli et pathétique qui souffre finalement de n'avoir pu vivre sa vie rêvée de peintre. La critique acérée du monde de l'art, savoureusement interprétée par Terence Stamp en chroniqueur du Times, a peu de prise sur la réalité d'une créativité qui vit et palpite, quoi qu'elle exprime, et c'est assez positif en ce sens. Le film dans son ensemble est très agréable, simple, modeste et innocent comme cette peinture.

16 juillet 2015

Love and Mercy, de Bill Pohlad (USA 2014)

love and mercyVendredi 3 juillet 2015, MK2 Odéon.

Une bonne surprise que ce film biographique consacré à Brian Wilson, auteur-compositeur et chanteur des Beach Boys. Un peu gênée au début par l'absence de ressemblance entre Paul Dano, qui prête son merveilleux visage lunaire à Brian Wilson jeune, et John Cusack qui l'interprète à la maturité, j'ai vite oublié ce détail devant l'excellence de leur interprétation. Très habilement, le film alterne les flash-backs, les reconstitutions d'archives visuelles et sonores pour nous faire découvrir le parcours difficile d'un artiste fragile et inspiré, contesté par ses proches, qui doit sans cesse lutter pour imposer son travail. Avec beaucoup d'intérêt, nous assistons à l'éclosion des mélodies et des paroles de plusieurs de ces tubes qui ont fait pendant des décennies le bonheur des adolescents de tous les continents, le déroulé du travail orchestral en studio et tout ce qu'il est difficile d'imaginer en coulisse de ces refrains légers : le contexte familial particulier de Brian Wilson, sa déconnexion du monde réel qui s'accentue au fur et à mesure de son addiction aux drogues, le naufrage de son talent et de sa santé psychique, sa complète perdition lorsqu'il se retrouve aux mains d'un médecin véreux et le sauvetage par l'amour. Impeccable, merci M. Pohlad !

16 juillet 2015

Los Hongos, d'Óscar Ruiz Navia (Colombie, Argentine, France et Allemagne 2014)

los hongosSamedi 27 juin 2015, Espace Saint-Michel.

Joyeusement foutraque, ce film est authentiquement "indépendant". Les scènes se succèdent sans temps mort, dans un kaléidoscope de la société colombienne, à Cali. Personnages centraux, la jeunesse de Cali - jeunes ouvriers du bâtiment, chômeurs, artistes ou étudiants d'arts - qui se retrouvent la nuit pour effectuer clandestinement des fresques murales et exprimer leur vision du monde. Une impression de pêle-mêle car on passe de scènes intimes familiales à la scène punk, de la frénésie picturale à l'oppression policière, mais l'ensemble est néanmoins parfaitement maîtrisé. En prime, deux jeunes acteurs attachants tiennent les rôles principaux : Jovan Alexis Marquinez dans le rôle du jeune chômeur obsédé de peinture, et Calvin Buenaventura dans le rôle du jeune étudiant des Beaux-Arts (bâtiment allègrement taggé lui aussi, ceci dit en passant). Une belle découverte très sympathique, une fraîcheur spontanée qui fait du bien, un film allègre et franc.

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