Canalblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Mora Venise au cinéma
Publicité
21 décembre 2014

Gone Girl, de David Fincher (USA, 2014)

gone girlSamedi 13 décembre, UGC Montparnasse.

Entre deux achats de Noël, découverte d'un film qui m'intrigue en raison de sa présence sur les écrans depuis plus de deux mois. Succès public justifié pour ce thriller efficace, politiquement incorrect, qui peut agacer en raison de son pessimisme noir sur les relations de couple et sa psychologie taillée à la hache, femmes prédatrices et hommes benêts. Cela pourrait donc ne pas sembler très subtil et pourtant on est happé comme un poisson à un bel hameçon, prenant plaisir à se laisser crocheter et manipuler par un scénario très malin. J'ai ressenti le même plaisir jubilatoire que devant les meilleurs films d'Hitchcock, car le tout comporte une bonne dose d'humour pince-sans-rire. Rosamund Pike, dans le rôle de la "disparue" est épatante.

Publicité
7 décembre 2014

Mr Turner, de Mike Leigh (Grande-Bretagne, 2014)

turnerSamedi 6 décembre, MK2 Odéon.

Un saut dans la lumière et les teintes des peintures de William Turner, un saut dans le temps également car rien n'est laissé au hasard dans cette reconstitution scrupuleuse de l'Angleterre des années 1830-1850. La photo est une splendeur, qu'il s'agisse de la lumière qui baigne les paysages ou qui s'immisce dans les intérieurs, c'est donc un régal visuel qui nous est offert. Les acteurs, comme d'habitude chez Mike Keigh, sont tous excellents. Il y a certainement eu un très gros budget pour les costumes et les décors de ce film, mais qui n'a pas permis de mettre en scène les nombreux voyages du peintre sur le sol européen. Le spectateur ne quittera guère l'Angleterre, hormis une première scène qui se situe aux Pays-Bas (mais tournée sur le sol britannique). On serait tenté de croire que les seuls trajets de ce grand voyageur se limitèrent à des aller-retour entre Londres et Margate, un petit port de la côte Est. C'est donc un peu dommage que certains aspects majeurs de la personnalité du grand homme soient à peine effleurés. Reste un très beau film, admirable au niveau de l'image et de l'interprétation des comédiens, à réserver - compte tenu de la longueur du film - pour les passionnés de peinture, les amoureux de l'Angleterre et de la période romantique.

26 juillet 2014

Comrades, de Bill Douglas (Grande-Bretagne, 1986)

comrades

Vendredi 25 juillet, MK2 Hautefeuille.

Après un Jimmy's Hall en demi-teinte, je retrouve la puissance du cinéma britannique des années 80. Comrades est le dernier film tourné en 1986 par Bill Douglas, qui meurt prématurément cinq ans plus tard.

C'est une plongée dans le quotidien âpre de la petite paysannerie du Dorset, en 1834, lorsque quelques laboureurs osent revendiquer une timide hausse de salaire auprès du propriétaire terrien, puis dans le bagne du désert et du bush australiens, après qu'ils aient été condamnés à la déportation. Les conditions de travail, les outils agricoles et l'habitat de cette paysannerie n'ont guère changé depuis le Moyen-Age, tout comme la faim et la misère. Reste la joie universelle procurée par la danse, le chant ou le spectacle qu'offrent pour quelques shillings les artistes itinérants : montreur d'images lumineuses, danseur et violoneux. Bien que le film relève d'un autre registre, les personnages et les décors sont aussi bien filmés que dans les Contes de Canterbury, auxquels j'ai souvent pensé à cause des lieux du tournage, la beauté paisible et fraîche de la campagne anglaise qui s'oppose à l'extrême dureté des conditions de vie des petits paysans. Dans la seconde partie du film, lorsque les déportés se retrouvent à construire une route traversant le désert, nous ressentons toute la brûlure du soleil et l'épuisement de leurs corps. Cette fois, certaines scènes m'ont fait penser à Twelve years a slave, mais Comrades m'a paru plus puissant encore, car dénué de tout artifice esthétisant. C'est un cinéma épuré et direct, dont les plans serrés conduisent le spectateur à partager la vie et les émotions des personnages. Attestant d'un profond amour de ceux qu'il filme, les humbles et les errants, Bill Douglas était un cinéaste de convictions, un révolté avec une sensibilité à fleur de peau déterminé à dénoncer toutes les injustices, décidément aussi puissant qu'un maître tel que Pasolini. 

30 novembre 2014

Night Call, de Dan Gilroy (USA, 2014)

night callSamedi 29 novembre, UGC Odéon.

Un thriller efficace, vivement mené à travers un Los Angeles nocturne arpenté par un chômeur (Jake Gyllenhaal) qui verse dans la petite délinquance, avant de se reconvertir dans la forme la plus basse du journalisme à sensation. Assez anxyogène, le film aborde sans complaisance les règles d'audimat qui dictent les choix éditoriaux des responsables de journaux TV, l'exploitation des peurs mais aussi la fascination des masses pour les événements sanglants et les scènes de mort. L'ensemble est porté par de très bons acteurs, Jake Gyllenhaal est très impressionnant à chaque prise, en psychopathe imprévisible. Il incarne une sorte de charognard saurien, tout à la fois inquiétant et répugnant, qui ignore les moindres règles de déontologie et finit par aller de plus en plus loin dans les infractions à la loi au nom de la course au sensationnel, dans une impunité insolente et glaçante. Tout ceci est assez pessimiste, parfois effarant, mais l'exagération de certains caractères permet heureusement de garder une posture rassurante et de considérer que tout ceci n'est que du cinéma. Un film d'action bien conduit.

22 juillet 2014

Jimmy's Hall, de Ken Loach (Royaume-Uni, 2014)

jimmy's hall

Mardi 22 juillet, MK2 Hautefeuille.

Dans sa dernière réalisation pour le cinéma, Ken Loach nous transporte dans l'Irlande rurale de 1932 et nous raconte un épisode de la vie de Jimmy Gralton qui, de retour des Etats-Unis après 10 ans d'absence, rouvre un foyer où la population peut danser et s'ouvrir à divers apprentissages manuels et culturels, suscitant l'ire du clergé et d'une faction ultraconservatrice locale. Il sera contraint à l'exil définitf par les autorités et achèvera sa vie à New York.

Le propos du film est généreux, on retrouve tous les thèmes chers à Ken Loach, et ces événements peuvent malheureusement être encore transplantés à l'époque actuelle, l'intolérance et le fanatisme religieux étant sans âge, mais l'ensemble est sans surprise et manque de densité, hormis une très belle scène de danse silencieuse entre Jimmy et son amie Oonagh. On est bien loin de la qualité du Vent se lève, It's a free world ou encore La part des anges, pour ne citer que les derniers fims les plus marquants du réalisateur. Sympathique toutefois.

Publicité
15 novembre 2014

Interstellar, de Christopher Nolan (USA, 2014)

interstellarVendredi 14 novembre, UGC Odéon.

Impossible de rater l'annonce de la sortie de ce film, avec la grosse campagne de (très) belles affiches qui interpellent immédiatement le badaud.

Mon sentiment est resté partagé après l'avoir vu, car le pire y côtoie le meilleur. Les deux premières heures m'ont paru très longues et conventionnelles, avec force scènes lacrymales, une absence de réalisme (la poursuite du drone avec un pneu crevé... des ressources planétaires qui s'épuisent mais... l'eau coule toujours aussi abondante et claire du robinet et... on continue de boire allègrement canettes de bière et sodas... sans parler de cette mission interstellaire qui nécessite des réserves de carburant astronomiques bien évidemment). De plus, la musique d'Hans Zimmer manque cette fois furieusement de subtilité, tout est trop appuyé, un peu comme le jeu des acteurs hélas. Nappez tout ceci d'une sauce scientifiquement fictionnesque indigeste avec des données de physique auxquelles je n'ai quasiment rien compris, au bout d'une demi-heure j'avais déjà envie de quitter la salle.

Heureusement, j'ai patiemment attendu l'apparition des planètes du "trou noir" situé dans notre système solaire, faille de l'espace-temps dans laquelle va s'infiltrer une équipe d'explorateurs "interstellaires", partis à la recherche d'une planète suffisamment accueillante pour sauver ce qui reste de l'humanité. Et là certaines scènes commencent à devenir vraiment intéressantes, pas forcément sur les planètes d'ailleurs, malgré de beaux effets spéciaux. J'ai surtout été impressionnée par la dernière demie-heure du film, de toute beauté, qui entraîne de façon vertigineuse le spectateur dans une faille de l'espace-temps. C'est carrément éblouissant. Bref, cela permet de sortir de la salle pas complètement déçue, mais le film n'est vraiment pas au niveau d'Inception.

13 juillet 2014

Le Prêteur sur gages, de Sidney Lumet (USA, 1964)

prêteur sur gages

Vendredi 11 juillet, Reflet Médicis.

Un New-York filmé de façon inattendue, une porte ouverte sur la vie à Harlem au début des années 60, avec de nombreux très bons acteurs noirs et latinos, que le cinéma américain d'alors ne montrait guère, sauf dans des rôles de second ordre et caricaturaux. Les rapports entre les races apparaissent libres, inhabituels et c'est plutôt fascinant de voir la place donnée par Sidney Lumet à des talents muselés par la ségrégation raciale américaine d'alors. Le film met d'ailleurs en scène un homme dont la vie a été détruite par un autre type de ségrégation, Sol Nazerman (interprété par Rod Steiger), un rescapé de la Shoah qui a émigré aux Etats-Unis et qui tient depuis une boutique de prêteur sur gages dans Harlem. C'est un homme mort intérieurement, enfermé dans son passé et les souvenirs de sa famille décimée, traumatismes violents (pour le spectateur aussi...) qui resurgissent lors d'une bagarre de rue, quand une femme se dénude ou dans un wagon de métro. Une très belle bande musicale signée Quincy Jones, une caméra libre qui déambule avec ses protagonistes dans les rues et les bars, les boîtes de Harlem, un défilé des laissés pour compte de la société américaine, au comptoir du prêteur sur gages. Le film est resté censuré quelques années aux Etats-Unis, avant de pouvoir sortir, le temps que la société évolue quelque peu. Intéressant, puissant et étouffant.

7 juillet 2014

La vie et la mort de Vincent Van Gogh, de Paul Cox (Australie, 1987)

van gogh

Dimanche 6 juillet, Reflet Médicis.

La vie et la mort de Vincent Van Gogh ont déjà fait l'objet de nombreux écrits, documentaires et films, et il peut être intéressant de voir ce que ce film de Paul Cox propose comme vision nouvelle, d'autant qu'un ami me le conseille vivement.

Le réalisateur nous entraîne à suivre les pas du peintre, à partir de son expérience de pasteur dans le Borinage, jusqu'à ses derniers instants à Auvers-sur-Oise. Il s'agit d'une restitution d'atmosphères, de teintes et de lumières (la Hollande, Paris, le Midi...) avec des scènes de vie des champs, de rues ou d'intérieurs, reconstituées avec justesse et sobriété, accompagnées par la voix de John Hurt, qui lit les extraits de lettres que Vincent adressa à son frère Théo ou à Paul Gauguin. Visionnaire, lucide, profondément intelligent, sincèrement bon, désespéré et passionné, voilà ce que laisse transparaître de l'homme chaque ligne qu'il a écrite, un de ces trésors de la littérature qui vous saisissent au coeur.

25 juin 2014

Cutter's way, d'Ivan Passer (USA, 1981)

cutter's way

Mercredi 25 juin, Reflet Médicis.

Un peu restée sur ma faim après Black Coal, je décide de découvrir cette réédition d'un autre thriller, américain cette fois, et tourné en 1981, lorsque l'humanité était encore présente sur pellicule. C'est une constatation qui ne se dément pas durant la séance.

Jeff Bridges et John Heard mènent l'enquête, à la suite d'un meurtre perpétré sur une jeune pom-pom girl, à Santa Barbara. C'est plutôt bien mené, et on ne sait si le personnage interprété par John Heard, un vétéran du Vietnam mutilé et psychologiquement très perturbé, n'est pas un manipulateur fini, en proie à un délire paranoïaque d'ancien combattant. Une séance agréable donc, qui permet de renouer avec un cinéma humain et chaleureux...

25 juin 2014

Black coal, de Yi'nan Diao (Chine, 2014)

black coal

Mardi 24 juin, MK2 Odéon.

Un inspecteur de police alcoolique et déchu reprend une enquête à cinq années d'intervalle.

Quelques scènes sont très originales et d'une beauté ténébreuse, je pense en particulier à une scène d'aveu pendant laquelle les visages des personnages se colorent imperturbablement de toutes les lueurs mouvantes d'un néon. Ou encore une scène de sortie de tunnel, en voiture, qui se transforme en demi-tour sur vélomoteur, et traduit l'écoulement des cinq années. C'est d'une créativité puissante, parfaitement maîtrisée et surprenante. Un film très stylisé, sur fond de société qui semble avoir perdu son âme, où tout semble se perdre dans l'obscurité, où tout n'est plus qu'artifice. Sombre, violent et glaçant, ces trois adjectifs résument la tonalité du film, c'est à se demander s'il est possible de voir un film chinois maintenant sans engloutir une boîte de Prozac avant la séance. J'ai difficilement recollé les morceaux de l'intrigue, assez complexe, peut-être aussi parce que je me suis beaucoup attachée au visuel, au détriment des situations...

 

22 juin 2014

Bird People, de Pascale Ferran (France, 2013)

bird people

Vendredi 20 juin, UGC Ciné Cité Les Halles.

Un film enchanté et enchanteur, qui agit comme un sortilège, puisque j'ai quitté la salle à contrecoeur même lorsque le générique de fin s'est achevé.

J'ai découvert Anaïs Demoustier, dans le rôle d'une étudiante (ou plutôt ex-étudiante) malicieuse mais avisée, qui travaille comme femme de ménage dans un hôtel international de la zone de Roissy. Roschdy Zem fait aussi quelques apparitions discrètes, en réceptionniste attentif à ses clients, dont l'un d'eux, le cadre supérieur d'une société américaine (interprété par Josh Charles), vit brutalement une crise existentielle et se décide à tout plaquer, pour tout reprendre à zéro et retrouver les saveurs de la vie. La seconde partie du film, vue à hauteur d'un moineau, est inattendue et jubilatoire. L'ensemble est très bien interprété, filmé avec grâce. Bref, jubilatoire et apaisant.

25 septembre 2014

Hippocrate, de Thomas Lilti (France, 2014)

hippocrate

Jeudi 18 septembre, MK2 Odéon.

Une bonne surprise, inattendue, car je pensais découvrir un film drôle essentiellement, certainement à cause de la présence de Vincent Lacoste dans le rôle principal, celui du jeune étudiant en médecine qui commence son internat et doit apprendre à grandir en humanité en affrontant courageusement la réalité du milieu hospitalier et résoudre tout seul ses problèmes de conscience. Le film parvient à être très distrayant tout en exposant cette réalité avec beaucoup de gravité. Il décrit avec beaucoup d'honnêteté le vécu des personnels, du médecin jusqu'au personnel de salle, ainsi que celui des patients et de leurs familles, dénonce le manque de moyens avec lequel il faut parvenir malgré tout à remplir sa mission de soins. Honnête et émouvant, réaliste, alerte et bien interprété avec sobriété par tous les acteurs, Reda Kateb excellent comme toujours, sans oublier Jacques Gamblin impeccable et Marianne Denicourt d'une grande justesse. Une réussite.

22 juin 2014

La Chute de la Maison Usher, de Jean Epstein (France, 1928)

la chute maison usher

Jeudi 19 juin, MK2 Hautefeuille.

Le film est précédé d'un court métrage, "Le tempestaire", que Jean Epstein a tourné en Bretagne en 1946. Je me suis demandé si Cocteau connaissait Epstein personnellement, ou s'il l'admirait, car j'ai retrouvé des ralentis "inversés" majestueux, d'une grande force poétique, comme on en voit dans "La Belle et la Bête" par exemple. Après cette belle histoire, d'une jeune fille qui part implorer un vieil homme qui sait calmer les tempêtes, le "tempestaire", en soufflant sur une boule de verre, afin que son fiancé revienne sain et sauf de la pêche, j'étais fort curieuse de découvrir la "Maison Usher".

Luis Bunuel a été l'assistant du réalisateur pour ce film fantastique, tiré de deux nouvelles d'Edgar Poe (l'autre nouvelle étant celle du "Portrait ovale"). L'ensemble n'a pas la force des réalisations allemandes de la même époque, mais sa puissance réside dans sa force poétique et la grande liberté d'Epstein dans tout ce qu'il photographie. Il cherche sans cesse à créer de nouvelles images, par superpositions multiples, ralentis, s'attarde à suivre les mouvements du vent, dans la course de feuilles mortes au ras du sol, la danse de voilages fins, les flammèches de bougies, les pages de vieux grimoires en piles effondrées, les miroitements du soleil, la course de nuages. Le pouvoir créatif en pleine action d'un homme libre, qui filme ce que bon lui semble, au-delà de toutes préoccupations commerciales, ce qui est tout à fait fascinant. La dernière scène, une apothéose à la Méliès, m'a complètement héberluée.

14 septembre 2014

Eva, de Joseph Losey (1962, franco-italien)

eva

Mardi 9 septembre, Le Champo.

Entièrement tourné à Venise en hiver, sur une musique de Michel Legrand et avec Jeanne Moreau dans le rôle-titre de la femme fatale, le film avait tout pour mobiliser mon intérêt. Une grande déception au bout du compte, j'ai eu l'impression d'être piégée face à un navet, plutôt dur à avaler. Le seul intérêt du film, c'est Jeanne Moreau. Pour le reste, on frise le ridicule dans les dialogues et les situations. J'ai soupiré souvent d'impatience et ai même ri nerveusement par moments. Mauvais, mauvais, malgré un scénario intéressant où il est de nouveau question d'une relation amoureuse destructrice, qui s'orchestre autour de la domination qu'exerce Jeanne Moreau sur le personnage incarné par Stanley Baker, un écrivain à succès qui se double d'un homme peu recommandable. On se demande d'ailleurs comment on peut lui trouver du charme tellement il est imbuvable. Très démodé.

Il vaut mieux voir et revoir La baie des anges, que Jacques Demy tourna un an plus tard avec la même Jeanne Moreau, où l'on retrouve quelques scènes et situations similaires, et qui est resté passionnant et d'une totale fraîcheur.

6 septembre 2014

Les combattants, de Thomas Cailley (2014, France)

les_combattants

Samedi 6 septembre, UGC Montparnasse.

Un film sympathique, bien servi par des jeunes acteurs rayonnants (Adèle Haenel en tête) qui en assurent toute la saveur. Ce n'est cependant pas ce que j'ai vu de plus original ces derniers mois, sur ce plan c'est plutôt Xenia, ce génial film grec qui arrive en tête et qui n'est pas près d'être détrôné. On passe un bon moment malgré tout.

6 septembre 2014

The Servant, de Joseph Losey (1963, Grande-Bretagne)

the_servant

Mercredi 3 septembre, Reflet Médicis.

Ce film splendide a dû faire l'effet d'une bombe lors de sa sortie et n'a rien perdu de sa puissance. Des acteurs extraordinaires, Dirk Bogarde, James Fox, Sarah Miles et Wendy Craig s'étreignent et s'étripent, jetant à terre et piétinant l'ordre social et toutes les convenances morales et sexuelles qui prévalaient encore dans la société ordonnée - en apparence ordonnée - de l'Angleterre du tout début des années 60. Son audace et la violence des rapports de force entre les protagonistes va crescendo, entraînant le spectateur dans une spirale qui le laisse quasiment nauséeux à la fin de la séance. Est-il besoin de rappeler l'histoire ? Un jeune aristocrate, interprété par James Fox, recrute un domestique à la perfection stylée, Dirk Bogarde, qui finit par le dominer après avoir réussi à se rendre indispensable. C'est la mort annoncée du vieux monde, la description de l'agonie d'une vieille société.

30 août 2014

Céline et Julie vont en bateau, de Jacques Rivette (France, 1974)

céline et julie

Samedi 30 août, la Filmothèque-Quartier Latin.

Une curiosité qui m'a ennuyée, j'avais pourtant hâte de voir ce film depuis des décennies ! Les 3h1/4 de projection m'ont paru bien longues, même s'il y a parfois des scènes cocasses. Le film vaut pour son côté expérimental, et pour découvrir Dominique Labourier, Juliet Berto, Bulle Ogier, Marie-France Pisier, Barbet Schroeder... dans les rôles principaux, improviser tout au long d'un film mis en scène et scénarisé de façon communautaire. C'est un document sociologique presque, sur une certaine façon de tourner un film au début des années 70, sur l'optimisme et le vent de liberté qui prévalaient alors dans les esprits. Mais cela a beaucoup vieilli dans la forme.

30 août 2014

Sils Maria, d'Olivier Assayas (France, 2014)

sils maria

Vendredi 29 août, UGC Ciné Cité Les Halles.

Il m'a été difficile d'entrer dans le film pendant la première partie, l'action et les situations, les dialogues me paraissant figés et pesants, un peu à l'image des montagnes qui enserrent le lieu de l'action, dans les Alpes suisses, autour du village de Sils Maria. Je ne retrouvais pas le rythme que j'avais tant apprécié dans certains de ses précédents films, Clean, Carlos et Après mai et commençais à m'ennuyer passablement, malgré la belle présence de Juliette Binoche. Fort heureusement, à partir du moment où le personnage qu'elle incarne (une actrice renommée qui accepte de rejouer dans une pièce qui la lança 20 ans auparavant, mais cette fois-ci dans le rôle de l'actrice vieillissante et non plus celui de la jeune première) se retrouve aux prises avec des questions existentielles cruelles, au travers de ce rôle qui la confronte à sa réalité de femme et d'actrice, vieille désormais, je me suis sentie happée par les personnages. Un très beau rôle pour Juliette Binoche qui l'interprète avec une justesse et une intelligence sidérantes. Un très beau film au final dont je suis sortie très remuée. Une très belle description du milieu du cinéma et de la condition d'acteur.

30 août 2014

Maestro, de Léa Fazer (France, 2013)

maestro

Mercredi 27 août, MK2 Hautefeuille.

Un film parfait pour mon retour vers les salles obscures après un mois de vacances. Dédié à Eric Rohmer et à Jocelyn Quivrin tous les deux décédés à quelques mois d'intervalle en 2010 et 2009, ce film met en scène leur rencontre pendant le tournage des "Amours d'Astrée et de Céladon" : un jeune acteur qui rêve de cinéma d'action populaire se retrouve catapulté en plein cinéma d'auteur. Le décalage des personnages rend les situations comiques mais aussi émouvantes. Michael Lonsdale et Pio Marmai incarnent deux générations qui a priori sont complètement étrangères l'une à l'autre mais qui sauront se découvrir et s'apprécier pendant des instants d'arrêt où explosent les saveurs de la vie : sensualité de la rencontre amoureuse ou celle ressentie face à un paysage dans une lumière de fin d'été. Apaisant, heureux et poétique.

22 juin 2014

La vache, de Dariush Mehrjui (Iran, 1968)

la vache

Mercredi 18 juin, Reflet Médicis.

Je me suis précipitée pour voir ce film en me fiant aux commentaires de l'Officiel des spectacles : "film majeur du cinéma iranien", censuré par le Shah, porté aux nues par Khomeiny, récompensé de prix prestigieux, au festival de Venise en 1971, à Chicago en 1972... mais on ne m'y reprendra pas ! Après un très beau générique d'introduction, les images sont par moments d'une grande beauté graphique, mais ces instants sont trop rares hélas ! Je me suis considérablement ennuyée, malgré l'intérêt de l'histoire, celle d'un paysan qui perd la raison après la disparition de sa vache, qui est aussi la richesse d'un petit village perdu au fin fond de l'Iran. Un montage poussif, un jeu d'acteur (l'acteur principal notamment) que j'ai trouvé souvent maladroit et outrancier, au bout d'un 1/4 d'heure je regardais ma montre... Dommage, car quelques beaux instants sont saisissants et très forts. Je pense à la scène où de vieilles femmes se précipitent au dehors des maisons, brandissant des mains sculptées, fichées en haut de longs bâtons, pour implorer le ciel de plus près, ou lorsque le paysan devenu fou prend la place de sa vache dans l'étable, mâchant son foin, buvant son eau, scène déconcertante que n'auraient pas renié les surréalistes, ou encore lorsque son meilleur ami, s'égarant lui-même face à ce comportement obstiné, perd tout contrôle et le frappe comme un animal. Cela ne suffit pas toutefois à sauver tout le reste du film.

15 juin 2014

Les moissons du ciel, de Terrence Malick (USA, 1978)

moissons du ciel

Dimanche 8 juin, la Filmothèque.

Après la "Partie de campagne", il me fallait faire le choix d'un film à la hauteur et je choisis de découvrir ces "Moissons du ciel" qui ressortent sur les écrans. Il faut dire aussi que j'ai un faible pour le cinéma américain des années 70, que je trouve d'une grande fraîcheur, sincère et désabusé à la fois. Le film m'emporte dès les premières secondes du générique, avec une très belle succession de photographies prises dans les années 1910, qui donnent un aperçu des conditions de vie et de travail des plus humbles habitants des Etats-Unis d'Amérique, contredisant la vision idyllique d'une terre promise. L'intrigue se déroule à cette époque et raconte la quête d'une vie meilleure par un jeune couple (interprété par Richard Gere et Brooke Adams), décidé à fuir la misère de Chicago pour le Texas où l'on recrute pour les moissons. Le travail s'y révèle aussi harassant que dans les fonderies de la grande cité, et les humains agglutinés, enchaînés à leur labeur sous l'étendue d'un ciel implacable semblent aussi prédestinés à leur sort que la multitude des insectes qui s'affairent à leurs pieds, dissimulés dans les tiges ou parmi les mottes de terre. Tout est déterminé dès la naissance. Certainement le plus beau rôle de Richard Gere et de Brooke Adams, fascinante actrice dont l'étrange bouche trop large et tombante, disporportionnée dans son petit visage aigu, semble saigner constamment l'amertume et l'échec. 

20 juillet 2014

Qu'il est étrange de s'appeler Federico, d'Ettore Scola (Italie, 2013)

quil est étrange de s'appeler

Samedi 19 juillet, Le Nouveau Latina.

En hommage à son ami décédé il y a 20 ans, Ettote Scola entreprend une narration très personnelle de l'amitié profonde qu'il continue de vivre, au delà de la mort, avec Federico Fellini. Le film en devient très émouvant, passée une première partie un peu hermétique, si l'on ne maîtrise pas couramment l'italien (de nombreux gags semblent reposer sur des jeux de mots et de sonorités propres à la langue) et si l'on ne retrouve pas les références aux films de l'un et de l'autre, de leurs rencontres, qui semblent émailler ce récit. Le film a été tourné intégralement dans le studio 5 de Cinecittà, que réservait Fellini pour ses tournages, et donne droit à quelques beaux morceaux de mises en scène. Pour pleinement savourer ce film, il vaudrait mieux, me semble-t-il, bien connaître auparavant leurs parcours respectifs et les grands épisodes de leur amitié, sinon c'est parfois un peu confus. Cependant, parsemé d'extraits qui rappellent la mise en scène grandiose et éblouissante du Maestro, dont on prend la pleine mesure sur grand écran, il a le mérite de donner envie de revoir tous les films de Fellini au cinéma. 

15 juin 2014

Une partie de campagne, de Jean Renoir (France, 1936)

une partie de campagne

Vendredi 6 juin, le Champo.

Un éblouissement et un retour à la pureté originelle, à la magie du cinéma. Un film noir et blanc irradié de lumière et de soleil, il faut dire aussi que l'on retrouve en assistants du metteur en scène Jacques Becker et Henri Cartier-Bresson, bref chaque image m'a énerveillée. Je suis sortie de la séance très émue, d'ailleurs je n'ai pas pu m'empêcher de pleurer pendant les dernières minutes du film. Pas besoin d'histoire et de mise en scène tarabiscotée, c'est la simplicité apparente du génie, et son humilité, qui nous ramène à l'essentiel de la création. Une vraie leçon de cinéma qui donne envie de jeter à la poubelle pas mal de la production actuelle...

20 juillet 2014

Rude journée pour la reine, de René Allio (France, 1973)

rude journée

Lundi 15 juillet, Espace Saint-Michel.

Les échappées imaginaires d'une femme de ménage, Jeanne, interprétée par Simone Signoret, alors qu'elle est chargée par son beau-fils de remettre en cachette une lettre à sa bien-aimée, une jeune fille qui a mis au monde leur enfant pendant qu'il purgeait une peine de détention pour bagarre. Ses échappées dans des fantasmes très divers (impératrice austro-hongroise, présidente de la République, femme fatale...) qui lui permettent d'affronter la réalité, donnent lieu à de très savoureuses situations, joyeusement anarchiques. Les revendications sociales et politiques se mélangent allègrement lors de scènes costumées où les différents membres de la famille endossent des rôles improbables. Tourné en décors naturels, à Pantin et à Aubervilliers, le film est à la fois une chronique qui relate, crûment mais avec une réelle tendresse, les conditions de vie de gens simples, et témoigne de façon émouvante d'une banlieue ouvrière parisienne du début des années 70, désormais disparue. Un enchantement.

23 mai 2014

Deux jours, une nuit, de Jean-Pierre et Luc Dardenne (Belgique, 2014)

deux jours une nuit

Jeudi 22 mai, MK2 Odéon.

Epatant comme toujours, c'est impossible d'être déçue par les frères Dardenne dont les films sont toujours brûlants d'humanité. Marion Cotillard campe le personnage principal, Sandra, une ouvrière qui sort d'une longue période de dépression et qui apprend son licenciement, monnayé contre une prime attribuée aux 16 autres ouvriers de la petite entreprise. A contre-coeur, poussée par son mari et une collègue, elle passe un week-end à tenter de les convaincre, un par un, à changer leur décision, renoncer à leur prime pour qu'elle puisse garder son travail. Chaque visite est un témoignage sobre et juste de la réalité du monde du travail d'aujourd'hui, de la difficulté de garder son emploi, de l'impossibilité de vivre avec un SMIC, du désespoir de ces travailleurs et de l'esprit de solidarité qui est sacrifié pour réussir à joindre, momentanément, les deux bouts. Les mots durs, les coups parfois, ou les simples refus, sont autant d'agressions qui restent imprimées sur le visage de Sandra, qui réussit cependant à aller jusqu'au bout de sa démarche et à retrouver la saveur du combat et de la dignité. Excellent, avec des instants de beauté pure, lorsqu'un simple rayon de soleil encadre d'un fin liseré doré les contours du visage de l'actrice, soulignant sa vulnérabilité et une émotion à fleur de peau, et dont la présence à l'écran est d'une grâce absolue quand elle est bien dirigée comme ici.

Publicité
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>
Mora Venise au cinéma
Publicité
Archives
Publicité